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Bonjour,

«Et si demain n’existait pas », tel pourrait être l’hymne de notre État-providence à la dérive.

Je l’ai souvent écrit ici: chaque pension de retraite versée n’est plus financée qu’à 64% par notre sacro-saint régime par répartition. 14% proviennent des impôts (fléchage de la CSG et de la CRDS). Le solde est épongé par des surcotisations et subventions d’équilibre qui, compte tenu de nos soldes budgétaires, se déversent directement dans notre dette publique. Ou la solidarité intergénérationnelle érigée en principe d’irresponsabilité.

Quentin de Gryse nous propose cette semaine son regard sur la question :

Dette, réformes et démocratie

Olivier Klein, économiste et professeur à HEC

Mon livre part d’un constat simple et, au fond, dérangeant : la dette publique française n’est pas seulement un problème comptable et financier, c’est le miroir de notre incapacité collective à arbitrer, à hiérarchiser, à choisir dans la durée.

Depuis plus de quarante ans, nous avons accumulé des déficits, augmenté progressivement la dépense publique et multiplié les promesses, sans jamais reconstruire un équilibre durable de notre modèle social. La dette raconte ainsi l’histoire d’un pays objectivement riche, doté d’atouts considérables, mais qui s’est installé dans un sentiment d’impuissance, de défiance et de blocage face au changement.

L’ambition de ce livre n’est pas de nourrir un récit de déclin, ni de prêcher une austérité punitive. Elle est exactement inverse : proposer une lecture lucide mais sereine de nos déséquilibres pour montrer qu’il est encore possible de transformer ce cercle vicieux – déficits, dette, défiance, faiblesse des réformes – en cercle vertueux.

Économiquement, le message est clair: nous ne souffrons pas d’un manque de générosité sociale, mais d’un déficit de travail avec un taux d’emploi trop faible, couplé à une dépense publique très élevée dont l’efficacité est trop souvent insuffisante. L’enjeu n’est donc pas de renoncer à notre modèle social, mais de le refonder sur davantage d’activité, de compétences, d’innovation et sur une utilisation beaucoup plus exigeante de chaque euro public.

Institutionnellement, le livre montre que la trajectoire de la dette est devenue le symptôme d’un État qui promet beaucoup, empile les dispositifs, mais sans règle budgétaire réellement crédible, sans évaluation rigoureuse de la dépense, avec une grande difficulté à tenir un cap à travers les cycles politiques. Retrouver la maîtrise de nos finances publiques implique donc, en plus, autant une réforme de la gouvernance budgétaire qu’un travail de simplification et de recentrage de l’action de l’État.

Démocratiquement, la thèse centrale est que la dette excessive est le produit d’une dérive que j’appelle «hyper‑démocratie», qui n’est pas un plus de démocratie, mais une démocratie sommée de répondre à toutes les demandes, sans hiérarchie des priorités ni clarification des responsabilités, où les droits se multiplient alors que les devoirs régressent et où le temps long disparaît derrière l’immédiat. Au prix d’une défiance croissante entre les citoyens et envers les institutions.

Sortir du piège de la dette ne se fera pas par des solutions magiques – monétisation illimitée, annulation de la dette ou encore ponction sur des boucs émissaires – mais par un travail patient de vérité, de réforme et de reconstruction de la confiance.

Si cet ouvrage peut contribuer, même modestement, à nourrir une réflexion collective et à retrouver la capacité d’agir, il aura atteint son objectif.

Ce n’est pas: notre modèle ou les réformes. Les réformes permettront le modèle.

Comme les marchés l’anticipaient, Kevin Warsh, nouveau président de la Federal Reserve, a opté cette semaine pour un statu quo sur les taux directeurs, tout en se libérant de l’orientation générale baissière jusque-là exprimée par l’institution. La lune de miel entre Donald et Kevin pourrait être courte.

J’évoquais ici-même, dimanche dernier, le jour sans fin des négociations États-Unis - Iran. Le Memorandum of Understanding signé en début de semaine n’est rien de plus qu’une déclaration d’intention ouvrant la porte à la négociation d’un possible accord de paix sous 60 jours.

La reprise des flux commerciaux dans le détroit d’Ormuz qui devait en découler n’aura duré que quelques heures. Dès hier, l’Iran invoquait les interventions israéliennes au Liban pour bloquer de nouveau le trafic maritime. Ayant réussi à tendre à l’extrême les relations américaines avec Israël d’une part, et avec les pétromonarchies du Golfe d’autre part, Téhéran pourrait maintenant surjouer sa main. L’économie mondiale est loin d’être tirée d’affaire.

Dans cet environnement incertain, nous continuerons de piloter au mieux nos portefeuilles-modèles, facilement réplicables via n’importe quel compte-titres ou contrat d’assurance-vie, en fonction de la situation patrimoniale et des objectifs de chacun :

+ 18,8% sur douze mois glissants pour notre portefeuille de capitalisation

+10,3% pour notre portefeuille de rendement, distributions incluses.

Enfin, comme chaque dimanche, retrouvez la chronique des marchés actions de Séverine Piot-Deval :

En vous souhaitant une bonne semaine.

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