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Bonjour,

Nos députés ont entamé cette semaine l’examen du Projet de Loi de Finances 2027 en commission des finances. Des majorités (parfois baroques) ont été trouvées sur 211 amendements, dont je vous livre la quintessence :

  • Suppression de la proposition gouvernementale de réduire le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite de 4 439 € à 3 000 € (initiative très largement partagée : PC, LFI, Horizons, LR, RN). Pour mémoire, cette mesure coûterait entre 158 € et 590 € par an aux foyers concernés, selon leur tranche d’imposition marginale.

  • Relèvement de 0,5 point du taux de la Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus et durcissement des conditions d’application de la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (initiative LIOT). Des impôts présentés comme temporaires sont non seulement pérennisés mais alourdis au fil du temps.

  • Retour de la TVA à 5,5 % sur les abonnements à l’électricité (initiative PC, LFI).

  • Suppression du plafond de 7 500 € sur les heures supplémentaires exonérées d’impôt sur le revenu (initiative de Paul Midy, député Renaissance, dont il est difficile de dire s’il a le soutien du gouvernement ou agit en franc-tireur).

  • Relèvement du plafond du livret A de 22 950 € à 30 000 € pour financer la rénovation des logements sociaux (initiative LFI). Personne n’est au courant que 200 Md€ d’épargne réglementée dorment déjà dans le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, non affectés faute de projets à financer.

  • Aménagements au Prêt à Taux Zéro parentalité proposé par le gouvernement : suppression des conditions de ressource, abaissement du plafond à 100 000 €, extension aux enfants de moins de 5 ans (initiative MoDem).

  • Hausse de la taxe dite « GAFAM » de 3 à 15 % (initiative écologistes).

  • Abaissement de 1 Md€ à 100 M€ du seuil de chiffre d’affaires de la taxe sur les rachats d’actions (LFI). Aucun député autour de la table ne semble comprendre qu’un rachat d’actions n’est pas fondamentalement différent d’un versement de dividende et ne justifie pas une fiscalité distincte.

  • Abaissement du seuil du taux réduit du Crédit Impôt Recherche de 100 M€ à 50 M€ et ajout d’une condition de maintien de l’activité en France pendant 10 ans (initiative PS, écologistes).

  • Introduction d’une taxe de 2 % par an sur les titres de placement détenus par les holdings (initiative LIOT).

Selon le décompte du rapporteur de la commission, les amendements votés engendreraient un creusement du déficit de 9,6 Md€ supplémentaires par rapport à la copie gouvernementale, le portant à 5,4 % du PIB.

Il est inévitable, dans une Assemblée nationale fragmentée, à quelques mois de l’élection présidentielle, que chaque groupe pousse des amendements emblématiques de son programme, cherchant à montrer qu’il protège son électorat cible de tout effort et, à l’inverse, tape sur son bouc émissaire de prédilection, sans aucun esprit de compromis.

Mais ne nous emballons pas. Le volet recettes du texte gouvernemental, même charcuté de ces 211 amendements, a en bout de course été rejeté par les membres de la commission à 31 voix contre 3 ! C’est par conséquent dans sa version non amendée qu’il est transmis à l’Assemblée plénière pour examen à partir de mardi. Toutefois, il ne fait d’ores et déjà aucun doute que Sébastien Lecornu sera contraint de dégainer l’arme du 49.3.

Et si votre épargne roulait à l'électrique… à 10 % par an ?

En un an, les ventes de voitures électriques ont doublé en France : en septembre, c'est plus de 4 voitures neuves sur 10. L'électrique dépasse désormais l'essence, le diesel ou l'hybride. Tout le monde veut y passer, mais au moment de choisir, beaucoup hésitent encore : quel modèle, quelle autonomie et à quel prix ?

Alors de plus en plus de particuliers et d'entreprises préfèrent louer plutôt qu'acheter. Et c'est là que Jool entre en piste : des voitures électriques livrées à domicile, à louer pour un week-end ou pour l'année. Résultat : des dizaines de milliers de recherches de location sur leur app et des ventes multipliées par 3 depuis janvier.

Pour suivre cette demande, il faut de nouvelles voitures. Jool ouvre ses projets de financement aux particuliers avec le lancement de son programme Jool Invest.

Concrètement ? Vous financez des voitures électriques, Jool les loue et s'occupe de tout. En échange, vous percevez des intérêts de 8 à 10 % par an, versés mensuellement sur 24 à 36 mois. Accessible dès 5 000 €, 0 % de frais. Le petit plus ? En tant qu'investisseur, vous profitez d'une réduction exclusive sur leur service pour louer toute l'année au meilleur prix.

Et ça marche : un récent projet (Tesla Model Y, 10 %) a collecté 115 000 € en moins de deux semaines.

Ni voiture à gérer, ni locataire à trouver. Et chaque projet financé, ce sont des voitures électriques en plus sur la route.

Les projets ouverts sont sur invest.jool.co.

En axant la présentation de son budget sur 54 Md€ d’efforts totalement fictifs sur la dépense publique – celle-ci continuant de filer plus vite que l’inflation – Sébastien Lecornu a réussi le prodige de mobiliser une partie du pays contre une austérité imaginaire, en l’absence de toute réforme, tout en inquiétant les marchés financiers.

En service commandé, Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, explique dans une interview accordée au Financial Times que, si ce budget selon lui vertueux n’est pas adopté, « il y a effectivement un risque d’être progressivement étranglés par la hausse des taux d’intérêt. » Non seulement sa fonction ne l’appelle-t-elle pas à commenter l’élaboration du budget, exercice qui relève du pouvoir politique, mais celles qu’il avait précédemment occupées, l’ayant placé au cœur de la machine à fabriquer de la dette, devraient lui inspirer un minimum de retenue.

Pendant ce temps, Édouard Geffray a retrouvé 3 000 enseignants qu’il envoie pourvoir en urgence les nombreux postes vacants. Étaient-ils cachés dans les armoires du ministère de l’Éducation ? Que faisaient-ils ? Nul ne le sait. Tel est le degré d’absence de pilotage d’une fonction publique devenu métastase.

Il est difficile d’imaginer plus de maladresse collective sur la forme et de vacuité sur le fond.

Paul Krugman, prix Nobel d’économie et figure de proue de la gauche américaine, consacrait vendredi un article à la situation française. Il y dit sans ambages que le déficit structurel français, à son niveau actuel, en l’absence de toute crise, n’est pas soutenable, qu’il est principalement causé par le refus de repousser l’âge de la retraite à un niveau raisonnable relativement à l’espérance de vie, et que la crise à venir suscitera de profondes divisions au sein de l’Union Européenne.

Mais revenons à notre échéance présidentielle. Polymarket est une plateforme de paris en ligne qui cote en continu toutes sortes de probabilités, du sport à la météo en passant par la géopolitique et les élections à venir, un peu partout dans le monde. Comprenons-nous bien, les cotes ne sont pas dictées par des sondages d’opinion, ni même par l’anticipation d’un bookmaker : elles sont le résultat mathématique des paris enregistrés sur la plateforme. Que nous dit Polymarket sur la présidentielle 2027 ?

  • Sans surprise, Marine Le Pen fait la course en tête, avec une probabilité de succès de 39 %. Autrement dit, si vous ne résidez pas en France (où ces paris restent interdits), vous pouvez miser 39 € sur son succès pour toucher 100 € si celui-ci se matérialise.

  • Elle a creusé ces dernières semaines un écart conséquent avec Édouard Philippe, à 22 %. On note que ce chiffre est supérieur aux intentions de vote relayées par les sondages car les parieurs anticipent d’ores et déjà le ralliement de Gabriel Attal à sa cause.

  • Le phénomène inattendu s’appelle David Lisnard. Bien que son nom ne soit généralement pas testé par les instituts de sondage, il ressort ici avec une probabilité de succès approchant 15 %, en très forte hausse depuis la rentrée.

  • Jean-Luc Mélenchon ne ressort qu’en quatrième position, avec une cote de 11 %.

  • Tous les autres sont dans les paquerettes : François Hollande (3 %), Gabriel Attal (2 %), Raphaël Glucksmann (2 %), Bruno Retailleau (1 %).

Restons chez Polymarket pour jeter un œil aux élections de mid-term américaines :

  • La Chambre des représentants est annoncée à majorité démocrate avec une probabilité de 92 %.

  • Le Sénat est également annoncé démocrate avec une probabilité de 63 %.

Je vous proposais il y a quelques semaines un article co-écrit avec mon ami Pierre Maynial dans lequel nous soutenions qu’un ETF monde pouvait constituer le cœur d’un portefeuille financier. Un seul titre pour profiter de la croissance de 1 300 des plus grandes entreprises mondiales, avec des niveaux de frais ultra-compétitifs, que demander de plus ?

Nous reprenons aujourd’hui la plume pour vous proposer une sélection des meilleurs ETF de diversification qui pourront venir compléter votre portefeuille : ETF sectoriels, marchés émergents, Europe, ressources naturelles. Et n’hésitez pas à solliciter Pierre pour un diagnostic patrimonial sans engagement : les retours de nos lecteurs sont très positifs !

Comme chaque dimanche, vous pouvez retrouver la chronique des marchés actions de Séverine Piot-Deval :

Je serai ce jeudi 15 octobre au Salon de la SCPI organisé par Louve Invest. Je participerai à une table ronde lors de laquelle nous débatterons des conséquences de la conjoncture actuelle (hausse des taux, géopolitique, présidentielles 2027) sur les sous-jacents immobiliers. L’inscription est gratuite, venez nombreux !

En vous souhaitant une bonne semaine.

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