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Bonjour,
À en croire la presse nationale, les cerveaux de Bercy bouillonnent d’imagination quant à la façon de financer l’effort de réarmement annoncé il y a dix jours par le Président de la République. Les papiers que j’ai pu lire entretiennent une confusion totale entre la question du financement de la dépense publique (il faudra bien régler les commandes qui sont passées) et celle du financement des industriels de la défense (si ceux-ci doivent augmenter leurs capacités de production). N’ayant pas même pris la peine de cerner le problème à régler, on nous ressort déjà cette solution usée jusqu’à la corde : le fléchage de l’épargne des Français. Quelques réflexions :
Aucun fléchage d’épargne n’améliorera en quoi que ce soit la situation de nos finances publiques. À défaut d’augmenter les impôts (Emmanuel Macron assure que c’est hors de question) ou de réduire d’autres postes de dépenses (quatre mois de débats budgétaires ont montré une absence totale d’ambition dans ce domaine), l’effort de réarmement viendra mathématiquement augmenter le déficit, et donc la dette publique. Un éventuel fléchage de l’épargne visant à participer au financement de ce surcroît de dette ne changerait en rien son caractère remboursable, sauf à franchir le pas de la spoliation.
Nos gouvernants ont tant le goût du fléchage que des 371 Md€ d’épargne remontés à la Caisse des Dépôts au titre des Livrets A, Livrets de Développement Durable et Solidaire et Livrets d’Épargne Populaire, à peine la moitié sont redéployés sur ses missions de financement du logement social et des projets d’infrastructures des collectivités territoriales. Le solde nourrit un portefeuille financier qui ne correspond à aucune mission stratégique. Peut-on commencer par mettre ces capitaux au travail avant d’inventer une nouvelle usine à gaz ?
Si le sujet est celui du financement des industriels de la défense, nous devrions en premier lieu nous inquiéter de comprendre pourquoi les circuits bancaires ne permettraient pas d’y répondre. On découvrirait qu’ici ou là, les politiques RSE de nos banques considèrent l’industrie de la défense comme nuisible, quand bien même celle-ci répond aux besoins d’équipements de nos propres armées. Un aggiornamento ne serait pas inutile.
De façon inattendue, l’agence de notation Fitch a maintenu vendredi la note souveraine française (AA-). Le retard des agences sur la réalité des marchés peut faire sourire : la dette française s’échange déjà à des taux supérieurs à celle de pays moins bien notés tels que l’Espagne ou le Portugal.
Mais surtout, les émissions du Trésor auront dorénavant à faire face à la concurrence de l’Allemagne, qui doit financer son propre effort de réarmement et aura la faveur des investisseurs grâce à des finances publiques beaucoup plus saines. En seulement 15 jours, le taux des emprunts d’État français est passé de 3,17 % à 3,61 %.
Les indices notaires-Insee publiés il y a quelques jours confirment la stabilisation des prix de l’immobilier au 4ème trimestre. Correction des prix, baisse des taux de crédit et progression des salaires ont permis depuis un an une reconstitution rapide mais encore incomplète du pouvoir d’achat immobilier. À court terme, la remontée des taux de crédit semble toutefois inévitable, en lien avec notre sujet précédent.
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La semaine des marchés a encore une fois été agitée : Séverine Piot-Deval nous résume tout ce qu’il faut en retenir.
En vous souhaitant un agréable dimanche.





