Bonjour,

Dès l’annonce du Liberation Day, j’avais exprimé dans cette lettre mes doutes quant à la constitutionnalité des droits de douane “réciproques” imposés par Donald Trump. Vendredi, la Cour suprême a tranché : les droits de douane sont assimilables à des taxes et, en tant que tels, relèvent du pouvoir législatif, donc du Congrès.

Une décision franche, prise à six juges contre trois. Parmi les six juges majoritaires, deux avaient été nommés par Trump lui-même, lors de son premier mandat. Le message est clair : la constitution est au-dessus du président.

En état de furie manifeste, le POTUS a aussitôt signé un décret réinstituant des droits de douane de 10% à l’échelle mondiale, s’appuyant sur un texte de loi l’autorisant à prendre une telle mesure à titre temporaire en cas de crise de la balance des paiements.

Mais il n’est pas au bout de ses peines. S’il souhaite maintenir ces droits de douane au-delà des 150 jours, voire revenir à sa copie initiale, il devra s’atteler à trouver une majorité parlementaire alors que les résistances sur le sujet sont fortes, y compris dans les rangs républicains. En outre, il lui faudra maintenant affronter une pluie de poursuites de la part d’importateurs exigeant le remboursement de 133 Md€ de droits de douane prélevés de façon indue.

Cet épisode intervient au moment même où les effets récessifs de cette politique protectionniste mal ciblée apparaîssent au grand jour. La croissance du PIB américain est tombée au 4ème trimestre à 1,4% en rythme annualisé, la consommation intérieure est en recul et l’inflation demeure sensiblement supérieure à la cible de 2%. Et les marchés actions, vendredi, ne s’y sont pas trompés : le revers essuyé par Donald Trump est un soulagement pour l’économie mondiale.

Nous ajustons sans attendre les allocations de notre portefeuille modèle de capitalisation à ce nouvel environnement :

Les chiffres publiés il y a quelques jours par la Fédération des Promoteurs Immobiliers confirment une chute sans précédent du marché du logement neuf, avec seulement 92.000 réservations enregistrées en 2025, soit le plus faible niveau observé depuis quarante ans. L’investissement locatif dans le neuf, en particulier, a été divisé par six en seulement quelques années sous l’effet de l’orage parfait orchestré par les pouvoirs publics.

Pour les professionnels du secteur, les tensions sont extrêmes avec des délais moyens de commercialisation qui dépassent les trois ans dans certaines villes telles que Grenoble ou Orléans.

Nous y consacrons ce nouvel article.

Et vous retrouverez bien sûr le télégramme dominical de Séverine Piot-Deval synthétisant la semaine sur les marchés :

En vous souhaitant un excellent dimanche.

Continuer la lecture