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Bonjour,

Donald Trump continue de nous assurer que les négociations de paix avec l’Iran progressent. Sur le terrain, néanmoins, le trafic maritime est toujours à l’arrêt dans le golfe Persique et l’Iran fait monter la pression en menaçant des câbles sous-marins vitaux pour les télécommunications des pays de la région.

Chaque jour qui passe nous rapproche de l’épuisement des stocks d’hydrocarbures, d’engrais et de certains métaux industriels. Cette semaine, le directeur de l’Agence Internationale de l’Énergie alertait sur le fait qu’en l’absence de réouverture du détroit d’Ormuz, le marché du pétrole entrerait bientôt en « zone rouge ». Le kérosène et le diesel pourraient être les premiers produits à connaître des épisodes de ruptures de stocks.

Sébastien Lecornu annonçait jeudi la prorogation des aides aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux routiers ainsi que des mesures pour le BTP, les aides à domicile et les chauffeurs de taxis/VTC. Le gouvernement est dans son rôle en cherchant à protéger nos capacités de production d’un choc que l’on espère temporaire. Si de telles mesures pèseront sur nos finances publiques, il ne faut pas se tromper de cible : le scandale est le point de départ – un déficit 2025 supérieur à 5% du PIB en l’absence de toute externalité négative – et non ces aides exceptionnelles. Celles-ci doivent cependant rester le plus ciblées possibles, n’étant qu’un pansement sur les conséquences (la hausse des prix) et non un traitement des causes (la chute des volumes). En éteignant le « signal prix », ces mesures contribuent même à rapprocher l’horizon des pénuries physiques.

Aussi les appels au gel des prix sont-ils ineptes : en économie ouverte, quand l’offre mondiale d’hydrocarbures a soudainement chuté de 20 %, la demande qui ne suivra pas les prix est nécessairement celle qui ne sera pas servie. Passées les postures de signalement de vertu, les lois de la gravité micro-économique restent en vigueur.

De nombreux commentateurs – focalisés sur les prix – perdent de vue l’essentiel. Quelles que soient les mesures d’accompagnement, en l’absence de réouverture du détroit d’Ormuz, l’économie mondiale perd un cinquième de son approvisionnement en hydrocarbures. Ces ressources étant rarement substituables à court terme, la hausse des prix n’est que le mécanisme par lequel le marché détermine quels consommateurs ne seront plus servis. Altérer ce mécanisme relève de la redistribution des conséquences, sans résoudre en rien le déficit d’offre.

Si comparaison n’est jamais raison, ayons en tête que le choc pétrolier de 1973 – causé par une réduction de 10 %, concertée et progressive, de la production des pays de l’OPEP – s’était soldé par une contraction de la production de richesses mondiale d’environ 5 %. Sans compter les dommages collatéraux de la crise actuelle sur les marchés des engrais et des métaux.

D’Ormuz à l’inflation, il n’y a qu’un pas. Au rythme mesuré par l’Insee depuis janvier 2000, les prix à la consommation quadruplent à l’échelle de la vie d’un Français. Dans cette courte vidéo, j’essaie de prendre un peu de hauteur quant à ce phénomène : ses causes fondamentales, les biais de fabrication de cette mesure (dans le sens d’une sous-estimation chronique de la réalité du phénomène), et comment tenter de s’en protéger.

Seulement 68 % des Français de 15 à 64 ans sont en situation d’emploi, à comparer à 77 % en Allemagne et 82 % aux Pays-Bas, laissant un trou béant dans le financement du système de protection sociale le mieux-disant de l’OCDE, et ce en dépit de transferts massifs de ressources fiscales provenant des revenus du capital.

Les causes sont multi-factorielles :

  • Le recul de l’âge moyen d’entrée sur le marché de l’emploi : 20 ans en 1970, 27 ans en 2010.

  • À l’arrivée d’enfants, l’arbitrage entre capacité de revenus nets et coûts de garde, biaisé par le niveau punitif des charges sociales pesant sur le travail.

  • Un taux d’emploi des plus de 55 ans de seulement 60 % contre 75 % en Allemagne et aux Pays-Bas, et 78 à 79 % en Suède, en Suisse et au Japon.  

Ne manquez pas ce nouvel article d’Olivier Klein :

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Mercredi, 50 maires co-signaient une tribune pour demander à pérenniser et étendre le plafonnement des loyers, dispositif dont la période d’expérimentation arrivera à son terme en fin d’année, s’appuyant sur des études confirmant que ces mesures ont permis de contenir la hausse des loyers (ô surprise) produites par des associations dépendantes des subventions de ces mêmes communes (ô surprise encore). Publiée sans même attendre le rapport d’évaluation que le gouvernement devait remettre au Parlement avant la fin mai, son message est clair : l’affichage de la noblesse des intentions primera toujours sur la réalité des conséquences.

Car la question n’a jamais été de savoir si ce dispositif permettrait de modérer les loyers (ce lien étant direct, sauf à ce que les bailleurs se mettent hors la loi) mais plutôt d’en mesurer les conséquences indirectes sur l’offre de logement.

Dès vendredi, le rapport officiel fuitait. Ses conclusions :

  • Une gouvernance fragile du dispositif (mauvaise coordination des acteurs, faible lisibilité, déficit de contrôles, incertitudes juridiques, absence d’appareil statistique permettant d’en suivre les effets).

  • Un effet redistributif de la « rente foncière » sans ciblage, profitant parfois à des locataires à hauts revenus, notamment à Paris. Rappelons en outre que la fiscalité de plein droit des revenus locatifs (17,2 % de prélèvements sociaux non contributifs + tranche marginale d’impôt sur le revenu) est déjà, en elle-même, éminemment redistributive.

  • Sur le moyen-long terme, des effets d’étouffement de l’offre locative observés par la plupart des études internationales et dont les premiers signes sont déjà apparents dans certains territoires.

  • Enfin, une baisse de ressources fiscales pour les finances publiques (la pudeur interdisant de rappeler que le logement est l’une des principales vaches à lait fiscale de l’État).

Des effets que tout économiste de bonne foi était en mesure d’anticiper…

Jeudi, le Conseil constitutionnel annulait 25 articles de la loi de simplification de la vie économique, parmi lesquels l’abrogation des Zones à Faibles Émissions (ZFE).

Je n’ai pas personnellement d’avis tranché sur le principe des ZFE. J’entends l’argument écologique mais aussi celui de la fracture territoriale dénoncée par les #Gueux. En tout état de cause, la représentation nationale a souverainement voté le démantèlement de ce dispositif.

Bien entendu, le Conseil constitutionnel ne se positionne pas sur le fond. Il rejette ces articles en dénonçant un « cavalier législatif » sur la base de l’article 45 de la Constitution : ces amendements n’auraient rien à voir avec le sujet originel du texte (la simplification de la vie économique). Ce que dit l’article 45 : « Tout amendement est recevable en première lecture dès lors qu’il présente un lien, même indirect, avec le texte déposé ou transmis ». Même indirect. Ces deux mots à eux seuls devraient inverser la charge de la preuve. Le Conseil constitutionnel peut-il démontrer que la suppression des ZFE ne participe aucunement à la simplification de la vie économique ? Ce à l’heure où l’on fait, puis défait, les principes de départ à la retraite au détour de lois de financement de la Sécurité sociale, sans que les sages n’y trouvent aucun cavalier.

Des voix s’élèvent pour contester la légitimité de cette institution créée en 1958. C’est un mauvais procès : dans bien d’autres démocraties, cette séparation des pouvoirs a montré sa capacité à retenir la main parfois abusive du législateur ou de l’exécutif. Mais n’inversons pas le procès. C’est Emmanuel Macron en personne, ayant perdu sa majorité parlementaire, refusant toute cohabitation puis nommant à la tête du Conseil constitutionnel un parlementaire inféodé et non-qualifié, visiblement chargé de dézinguer toute initiative des oppositions, qui ouvre la porte à cette dangereuse fragilisation de nos institutions.

Hasard du calendrier, l’actualité nous offre une autre tartufferie juridique. Alors que le projet de loi d’urgence agricole du gouvernement prévoyait d’interdire toute importation de denrées produites avec des pesticides interdits en Europe (12 produits sur 15 testés par Foodwatch dans les rayons français), les oppositions LFI et RN ont réussi à faire voter un amendement élargissant cette interdiction à tous pesticides interdits en France. Annie Genevard en rit : cet amendement contrevient à la libre circulation des produits au sein de l’Union Européenne ainsi qu’à la primauté du droit européen sur les droits nationaux.

Regrettons que nos gouvernants ne tirent pas le fil de cette hiérarchie des normes jusqu’à son terme. Si ce dogme ne peut être contesté, quel est le sens d’interdire en France des pesticides tolérés ailleurs dans l’UE, si ce n’est de condamner notre agriculture à une disparition certaine ?

Justice encore.

1er juin 2009 : le vol Air France 447 s’écrase dans l’Atlantique, tuant 228 personnes.

1er et 2 mai 2011 : les deux boîtes noires sont retrouvées et exploitées avec succès dans les jours qui suivent. Les éléments factuels liés à la catastrophe sont désormais connus.

29 août 2019 : deux magistrats de cour pénale pointent les erreurs de pilotage et prononcent un non-lieu en faveur d’Air France et d’Airbus.

17 avril 2023 : suite à l’appel des victimes, un procès exonère une nouvelle fois Air France et Airbus. « Si des fautes ont pu être commises, aucun lien de causalité certain n’a pu être démontré ».

21 mai 2026 : presque 17 ans après le drame, Air France et Airbus sont condamnées pour homicide involontaire. Les deux entreprises se pourvoient en cassation.

Trois décisions de justice incohérentes, et une quatrième à venir (en cassation) alors que tous les éléments factuels sont connus depuis mai 2011. Je ne suis pas qualifié pour exprimer un avis éclairé sur le fond de cette affaire mais observe à regret que la justice française est totalement inopérante.

En vous souhaitant une bonne semaine.

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