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Bonjour,

Comme attendu, les élections de mi-mandat américaines ont donné lieu à une forte poussée du parti démocrate :

  • À la Chambre des représentants (équivalente à notre Assemblée nationale), les démocrates gagnent 41 sièges et disposeront de leur majorité la plus nette depuis le début des années 1990.

  • Au Sénat, les démocrates emportent 20 des 35 sièges en jeu (renouvellement par tiers tous les deux ans), leur permettant de faire basculer la majorité avec 54 sièges sur 100 (a minima, le décompte n’étant pas terminé dans le Mississippi et en Alaska).

  • Le scrutin est marqué par des victoires démocrates qui vont bien au-delà des swing states, s’étendant à des territoires traditionnellement républicains comme la Caroline du Sud, le Kansas et le Texas.

Les sondages réalisés à la sortie des urnes sont clairs : les électeurs n’ont pas tant sanctionné la politique extérieure de Donald Trump – ils sont seulement 4 % à en faire leur premier critère de vote – que ses conséquences indirectes sur le coût de la vie. Il est ici utile de rappeler au lecteur français qu’aux États-Unis, la hausse des prix de l’énergie vient s’ajouter à une inflation générale sensiblement plus élevée qu’en Europe. Cette sensibilité au coût de la vie est particulièrement forte parmi les minorités noires et hispaniques ainsi que chez les jeunes, dont le vote a massivement rebasculé en faveur du parti démocrate.

Le second facteur de motivation qui ressort de ces sondages est la perception d’une corruption du clan Trump, citée par 54 % des électeurs interrogés. Il fait peu de doute que la nouvelle majorité démocrate lancera des enquêtes parlementaires menant à une procédure de destitution (impeachment). Cependant, la majorité des deux tiers du Sénat étant requise, il paraît peu probable qu’une telle procédure aboutisse.

Ces élections auront également des conséquences sur les rapports de force internes au sein des deux grands partis. Côté républicain, la fracture est désormais ouverte entre un camp America First, qui considère avoir été trahi par Donald Trump sur les interventions extérieures comme sur le dossier Epstein, dont J.D. Vance se fait de plus en plus ouvertement le porte-parole, et un camp néo-conservateur mené par Marco Rubio. Côté démocrate, la leçon semble avoir été tirée des excès de wokisme ayant mené à la défaite de 2024, avec une focalisation bien ordonnée de la campagne 2026 sur les questions économiques. Les nouveaux sénateurs ayant conquis des états traditionnellement acquis aux républicains viennent tous de l’aile modérée et devraient contribuer à la poursuite du recentrage du parti démocrate en préparation de l’échéance de 2028.

Enfin, il est à noter que les représentants et sénateurs nouvellement élus ne prendront leurs fonctions qu’en janvier. Il revient donc aux assemblées actuelles de voter le budget 2027 d’ici à mi-décembre. Donald Trump devrait ainsi conserver des marges de manœuvre exécutives importantes pendant un an encore. Sur le plan législatif, en revanche, les États-Unis connaîtront deux années d’hibernation, compte tenu du droit de veto que la Constitution confère au président.

Les marchés actions américains ont accueilli cette vague bleue avec circonspection. Entre mardi et la fin de semaine, le S&P 500 et le NASDAQ ont rendu respectivement 4,3 % et 5,2 %. La pression vendeuse s’est portée en priorité sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle, le camp démocrate étant considéré comme moins « AI friendly », en particulier sur la question du développement des centres de données et des infrastructures énergétiques qu’ils nécessitent.

Depuis quelques temps déjà, nous avions pris la précaution d’immuniser notre portefeuille de capitalisation contre les survalorisations du secteur de l’IA, si bien que celui-ci affiche une progression de 9,3 % sur un an, couplée à une volatilité inférieure à celle du marché (11,6 %). Pour mémoire, ce portefeuille est composé de seulement 4 lignes d’ETF, à faible rotation, facilement réplicable dans un simple compte-titres, pour un niveau de frais très réduit. Bien entendu, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

En Israël, le président Herzog a pris acte du soutien apporté par les partis arabes à Gadi Eisenkot et a annoncé hier soir lui confier la responsabilité de former un nouveau gouvernement. Il dispose maintenant de 28 jours pour tenter de trouver une majorité au sein de la Knesset.

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En France, la Commedia dell’arte du Projet de Loi de Finances 2027 se poursuit. Après avoir adopté des amendements plus ridicules les uns que les autres, avec un nombre de députés présents toujours plus faible, l’Assemblée nationale a elle-même rejeté mercredi soir le patchwork monstrueux qu’était devenu le volet recettes pris dans son ensemble par 458 voix contre, deux abstentions, aucune voix pour.

C’est donc le texte d’origine proposé par le gouvernement qui a été transmis au Sénat. Et notre gouvernance budgétaire étant construite à l’envers du bon sens, nous serons comme chaque année privés de l’examen du volet dépenses, celui-ci ne pouvant être instruit tant que le volet recettes n’a pas été adopté. Jamais l’addition des intérêts partisans ne s’est tant éloignée de l’intérêt général.

Pendant ce temps, l’hystérisation du débat démocratique va bon train, aux podiums des meetings de campagne, sur les plateaux TV comme dans la rue. Pour avoir affirmé que « la surreprésentation des jeunes issus de l’immigration était patente » lors des pillages intervenus le 17 octobre, Édouard Philippe est taxé de « calomnies racistes » et de « clientélisme racialiste » par Jean-Luc Mélenchon, de « préjugés racistes » par Olivier Faure. Dans le même temps, une pétition demandant le retrait de la fréquence TNT attribuée à la chaîne CNews pour répétition de propos discrimatoires a récolté près d’un million de signatures et sera examinée mardi par la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, réagissant à l’odieux attentat intervenu dans sa commune, propose d’étendre les limitations à la liberté de la presse à « ceux qui auront présenté un groupe de personnes, en raison de leur origine, de leur appartenance à une religion, une ethnie ou une prétendue race, comme des acteurs d'un processus de remplacement ». Deux jours plus tard, un député et un sénateur écologistes déposaient une proposition de loi assimilant la mention du remplacement d’une population par une autre, ou de la nécessité d’une remigration, à une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

Je n’ai aucune sympathie pour ceux qui cherchent à faire de la question migratoire l’alpha et l’oméga des difficultés françaises. Mais enfin, il doit être possible, dans une démocratie mature, de faire le constat de l’impasse de notre modèle d’intégration sans rien enlever au mérite individuel de ceux qui réussissent, ou encore de questionner les conséquences économiques, sociales ou mêmes culturelles des flux migratoires récents sans que cela ne relève de questions de couleurs de peau. Un arsenal législatif éprouvé permet déjà de sanctionner les paroles qui franchissent cette ligne, et c’est très bien. Ne cédons pas au totalitarisme de la pensée et à la cancel culture.

Je vous livre maintenant les dernières nouvelles de l’élection présidentielle 2027 vue par Polymarket (dont l’accès reste interdit depuis la France), en rappelant que ces chiffres sont une traduction arithmétique des paris réalisés sur la plateforme, et non des intentions de vote :

  • Marine Le Pen continue de faire la course en tête avec une probabilité implicite de succès de 45 %

  • David Lisnard poursuit son ascension, atteignant 15 %

  • Jean-Luc Mélenchon est stabilisé autour de 14 %

  • Édouard Philippe recule à 10 %

  • Christine Lagarde fait son apparition dans les paris avec une probabilité implicite de succès de 8 %

  • Tous les autres candidats – déclarés ou putatifs – restent sous la barre des 3 %.

Enfin, comme chaque dimanche, vous pourrez retrouver la chronique des marchés actions de Séverine Piot-Deval :

En vous souhaitant une bonne semaine.

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