Bonjour,
« Cette affaire Zucman est venue révéler qu’il y avait un sentiment profond dans le pays – que vous soyez d’accord ou pas d’accord n’est pas le sujet – d’inégalité dans la répartition de la richesse. Et ça, il faut bien le traiter ». Tels sont les termes employés par Sébastien Lecornu aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence devant un parterre de décideurs économiques.
Le Premier ministre dépose ainsi les armes face au cadrage imposé par le duo Piketty-Zucman, nous enjoignant – d’accord ou pas – de nous plier au narratif selon lequel le taux de prélèvement des ménages les plus riches est inférieur à celui des plus modestes, en oubliant de tenir compte des transferts sociaux.
Ayez, chers lecteurs, la bienséance de ne pas rappeler que la France est l’un des pays les plus redistributifs au monde, ni de pointer la confusion entre revenus annuels et patrimoine, ou encore entre plus-values réalisées et latentes, si utile quand le seul objectif est d’attiser les passions tristes.
Prière, enfin, de raisonner en économie fermée, la France étant le phare qui se doit d’éclairer le monde par sa justice fiscale, quitte à sacrifier ce qu’il lui reste d’économie productive.
Et Sébastien Lecornu de reprendre, en lieu et place de la taxe Zucman, l’idée de Philippe Aghion d’un « mécénat » incitant au fléchage des transmissions vers des fonds d’investissement soutenant la souveraineté du pays.
Dans la situation qui est celle de la France, ouvrir le débat budgétaire sur le terrain de la fiscalité plutôt que de la dépense publique est déjà une faute. Mais le faire en se soumettant au cadrage de faussaires égalitaristes, c’est nourrir le populisme que l’on prétend combattre.
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Si Piketty et Zucman ont ouvert la fenêtre d’Overton, les médias qui ont relayé ce discours, mois après mois, sans contradiction ni esprit critique, l’ont défoncée au marteau-piqueur.
Le faux tableau des inégalités françaises étant désormais présenté tel La Joconde, il n’est guère surprenant que l’OFCE (centre de recherche rattaché à Sciences Po) nous propose, dans un rapport intitulé « Pourquoi et comment taxer les plus riches », son alternative aux taxes Piketty-Zucman : la TRÉC, Taxation des Revenus Économiques Certains. Celle-ci consisterait à appliquer l’équivalent de la flat tax aux plus-values latentes attachées aux biens transmis dans le cadre de donations ou de successions des patrimoines les plus importants.
Si cette proposition peut, de prime abord, paraître de bon sens, Olivier Klein nous montre qu’elle ne résiste pas à une analyse plus poussée :
Le taux marginal de 45 %, en vigueur en France sur les successions en ligne directe, est déjà trois fois supérieur à la moyenne européenne. Le Portugal, l’Autriche, la Suède et la Norvège ont purement et simplement supprimé les droits de succession.
En dépit de l’érosion monétaire, le montant de l’abattement de 100 000 € par enfant et par parent n’a pas été indexé depuis 2012. Il est de 400 000 € en Allemagne et de 1 M€ en Italie.
J’y ajouterais qu’attacher l’adjectif “Certain” à de simples plus-values latentes, en s’abritant derrière le caractère juridiquement identifiable, à défaut d’encaissement, relève d’une inversion sémantique parfaitement orwellienne, qui n’augure rien de bon, en dépit de la noblesse des intentions affichées. Le terme adéquat eût été : “taxation des transmissions de plus-values latentes”.
Si l’OFCE propose qu’une telle taxe soit recyclée pour en abaisser d’autres, ne soyons pas dupes : en toute vraisemblance, celle-ci ne servirait qu’à nourrir un peu plus une dépense publique cancéreuse, inefficace au point de relever de la corruption de nos institutions, étouffant peu à peu ce qu’il nous reste d’économie productive et jamais débattue.
On s’étonnera, enfin, du caractère obsessionnel pris par la question fiscale dans les travaux de recherche économique d’un pays qui est déjà le vice champion de l’OCDE des prélèvements obligatoires. Cadrage, cadrage…
Posé sur de mauvaises bases, sans majorité parlementaire et à l’approche d’une élection présidentielle, je fais ici le pronostic que le débat budgétaire 2027 n’aboutira pas. Sébastien Lecornu devra passer en force en invoquant l’article 49.3 ou se contenter d’une loi spéciale reconduisant les budgets de fonctionnement 2026. Le recours au 49.3 ouvrirait un poker menteur à l’issue éminemment incertaine, pouvant tout aussi bien déboucher sur le maintien ou la reconduction d’un gouvernement Lecornu que sur une dissolution de l’Assemblée nationale, à quelques semaines seulement de l’élection présidentielle, si Emmanuel Macron a envie de jouer.
Alors que le trafic commercial dans le détroit d’Ormuz avait tout juste retrouvé 30 % de son niveau d’avant-guerre, l’Iran a exploité l’ambiguÏté des termes du cessez-le-feu pour attaquer des navires commerciaux empruntant le corridor Sud du détroit, hors de leurs eaux territoriales. Les États-Unis ont répliqué en frappant plus de 140 cibles en territoire iranien.
Vendredi, Motjaba Khamenei affirmait par un communiqué officiel l’inévitabilité de la vengeance iranienne. Samedi, un journal contrôlé par le pouvoir y joignait treize photos parmi lesquelles celles de Donald Trump, Benjamin Netanyahu, Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Giorgia Meloni ou encore Keir Starmer. Une paix durable n’a jamais semblé aussi improbable.
À noter également, l’offensive massive de drones ukrainiens en Crimée, ayant endommagé ces derniers jours 36 navires russes en mer d’Azov ainsi que des dépôts de carburant.
Les valorisations très élevées des marchés financiers ne reflètent aucunement les risques géopolitiques découlant de ces conflits. Dès le 26 juin, nous avons choisi de reconfigurer le portefeuille de capitalisation MoneySmart – qui affiche encore un gain de 18 % sur douze mois glissants – en mode défensif. Si vous n’êtes pas encore abonnés à MoneySmart Prime (75 € par an, un mois d’essai sans engagement), restez prudents en ces temps d’exubérance irrationnelle.
En vous souhaitant une excellente semaine.







