Bonjour,
Alors que les 36 candidats putatifs à la fonction présidentielle rivalisent d’imagination pour formuler des propositions qui susciteront la ferveur de leur niche électorale, l’OCDE publie un rapport de 160 pages sur la situation économique de la France qui mérite l’attention des citoyens de toutes obédiences. L’OCDE n’est pas un organe de lobbying : à travers le monde, ses travaux sont reconnus pour leur rigueur ainsi que leur caractère non partisan. Revers de cette prudence vis-à-vis du terrain politique, leurs recommandations restent le plus souvent d’ordre général plutôt qu’opératoire.
Depuis l’an 2000, la croissance du PIB réel par habitant n’est en France que de 0,59 x la moyenne de l’OCDE. Ce décrochage est notamment imputable à une faible participation au marché du travail qui se concentre chez les seniors – le taux d’emploi des 60-64 ans est inférieur de 12,2 points à la moyenne de l’OCDE – ainsi que, dans une moindre mesure, chez les jeunes, le taux d’emploi des 20-24 ans restant inférieur de 3,8 points à la moyenne de l’OCDE en dépit du développement de l’apprentissage.
Sans surprise, le rapport pointe aussi l’efficacité douteuse de dépenses publiques massives et les prélèvements obligatoires très élevés qui en découlent.
Voici ce que je retiens des principales recommandations de l’OCDE, âmes sensibles s’abstenir…
Remettre à plat le fonctionnement de l’État :
revue systématique de l’efficacité des dépenses publiques ;
rationalisation de l’organisation État central vs. collectivités locales (chasse aux doublons) ;
allègement général de la charge règlementaire, en particulier en matière de services.
Reprendre le contrôle des prestations sociales :
dégel de la réforme des retraites et indexation de l’âge de départ sur l’espérance de vie ;
suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites et alignement des prélèvements sociaux sur ceux des salariés ;
désindexation des plus hautes retraites ;
soutien au cumul emploi-retraite ;
renforcement des soins préventifs et recours accru aux médicaments génériques ;
meilleur ciblage des dispositifs de protection sociale et de l’accès au logement social (le rapport 2025 de l’ANCOLS montre que 71 % des ménages français sont théoriquement éligibles à un logement social pris au sens large) ;
hausse de la contribution financière des étudiants, combinée à l’octroi de bourses sous conditions de ressources.
Optimiser la structure du système fiscal (sans hausse des prélèvements obligatoires) :
examen systématique de l’efficacité des niches fiscales, incluant un recentrage du Crédit Impôt Recherche ;
limitation des allègements de charges sociales à 2 x le salaire minimum, fin des allègements sur les heures supplémentaires ;
report partiel de la charge fiscale portant sur le travail et la production (C3S, CVAE) vers la consommation (TVA, CSG) et l’immobilier (NDLR : déjà bien engagé);
imposition des plus-values latentes au titre des droits de succession (NDLR : on se demande bien comment le législateur français, pourtant obnubilé par le sujet fiscal, n’a pas encore comblé cette brèche).
On pourra bien sûr argumenter contre certaines de ces recommandations prises isolément. Mais à 10 mois de l’échéance présidentielle, ce rapport, dans sa globalité, est peut-être notre « last chance saloon » : dernière possibilité d’une prise de conscience avant d’entrer dans un territoire de sueur et de larmes. Terminus FMI.
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Je veux sortir un instant du champ strictement économique ou financier pour dire quelques mots du vote intervenu cette semaine, par l’Assemblée nationale, de la loi portant sur l’aide à mourir, sujet délicat s’il en est.
Le libéral en moi est tenté d’y voir, en première intention, le respect de la liberté individuelle. L’État n’a pas de légitimité à vouloir « protéger d’elles-mêmes » des personnes en fin de vie et en plein état de conscience.
Cette question évacuée, restent celles, plus épineuses, des conséquences sur la responsabilité médicale ainsi que du délit d’entrave planant sur ceux qui chercheraient à s’opposer au suicide assisté. Au-delà du texte lui-même, l’enjeu est l’anticipation de ses effets non-intentionnels. Si cette loi contribue à instaurer un climat dans lequel nos aînés percevront une pression d’en finir, quelle qu’en soit la source, elle nous mènera, sur les pavés des belles intentions, vers l’enfer. Je ne sais dire si tel sera le cas.
La trêve dans le Golfe Persique a repris ses droits ces derniers jours tout en restant éminemment fragile. Mais l’hirondelle faisant apparemment le printemps, le cours du baril de pétrole WTI est repassé cette semaine sous les 70 $. Pourtant, le risque nous paraît toujours élevé qu’Iraniens et Américains ne parviennent à réconcilier leurs divergences sur les questions cruciales (capacité nucléaire et ballistique, rôle des proxys, trafic maritime) avant le terme du cessez-le-feu, prévu le 16 août.
Comme chaque dimanche, vous pouvez retrouver la synthèse de l’actualité des marchés actions par Séverine Piot-Deval :
En vous souhaitant une bonne semaine.






