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Bonjour,

Nos députés nous ont joué cette semaine le même numéro de cirque, sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), qu’ils nous avaient livré la semaine précédente sur le volet recettes du Projet de Loi de Finances (PLF).

Une Assemblée nationale très clairsemée a voté une série d’amendements aggravant le déficit prévisionnel de la Sécurité sociale d’environ 11 Md€ (chiffrage gouvernemental). 15 des 18 articles par lesquels le gouvernement proposait de redresser les comptes ont été rejetés, parmi lesquels le gel partiel des pensions de retraite, la reconduction de la taxe sur les complémentaires santé, la réduction de certaines exonérations de cotisations patronales ou encore l’introduction d’une taxe sur les produits sucrés.

Mieux encore, le très faible taux de présence dans le camp présidentiel a permis à Sandrine Rousseau de faire passer un amendement instaurant un « congé anticipatoire de retraite » à la charge des entreprises, et au Rassemblement National d’abroger la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (dite C3S).

Puis vendredi, nos députés rejetaient à la quasi-unanimité le texte ainsi remanié, présenté dans son ensemble, préférant le sabordage à un budget Frankenstein. Une nouvelle fois, donc, le patchwork de l’addition des intérêts partisans mène à l’impasse. Et c’est par conséquent le projet d’origine du gouvernement qui est transmis au Sénat pour examen.

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Vendredi soir, l’agence de notation Moody’s annonçait maintenir la note souveraine française inchangée, accordant un dernier répit conditionné à l’adoption d’un budget dans lequel le déficit ne dépasserait pas le seuil de 5% du PIB.

Le contraste entre la patience de Moody’s et la défiance des marchés est saisissant. Les emprunts d’État français à 10 ans clôturent la semaine à 5,03 % après avoir touché 5,13 %. Le spread France-Allemagne tutoie 170 points de base.

Dans la rue, la grogne sociale s’aggrège sur le thème du pouvoir d’achat. Mais contrairement aux gilets jaunes de 2018-2019, le mouvement est cette fois piloté par des organisations syndicales et partis de gauche radicale qui appellent désormais à la grève générale à partir du 5 novembre.

Pourtant, en matière d’action politique, le pouvoir d’achat n’est pas un paramètre d’entrée – le gouvernement ne décide ni des salaires du privé ni du coût de la vie (hors fiscalité et tarifs réglementés) – mais une donnée de sortie qui résulte du dynamisme général de l’économie ainsi que de facteurs totalement exogènes tels que les cours de l’énergie. De ce point de vue-là, les promesses formulées en matière de pouvoir d’achat par les aspirants à gouverner de tous bords, hier comme aujourd’hui, relèvent d’une forme de populisme.

Si le pouvoir d’achat est insensible aux incantations, le débat sur les choix de politique économique est, lui, parfaitement légitime. Mais à six mois de l’échéance présidentielle, la campagne qui s’ouvre doit être son lieu d’expression, jusqu’au verdict des urnes. Il ne serait pas acceptable qu’une minorité agissante, fût-elle importante, préempte le processus démocratique.

Pourquoi et par quels mécanismes l’État-providence, après avoir permis des progrès sociaux considérables, menace-t-il aujourd’hui de s’effondrer sous son propre poids ? C’est la question à laquelle Olivier Klein tente de répondre. Ce texte qui invoque tour à tour Alexis de Tocqueville, Hannah Arendt, Joseph Schumpeter et René Girard permet de s’extraire du brouhaha actuel et d’appréhender ce qui se joue pour notre démocratie.

En vous souhaitant un bon dimanche.

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