Des prix en cours de stabilisation
C’est officiel : les indices Insee - notaires de prix des logements anciens du 2ème trimestre 2024 traduisent une inflexion notable. Si les prix continuent de baisser très modestement à l’échelle nationale (-0,5 % vs T1 2024, corrigé des variations saisonnières), des villes telles que Marseille et Lille affichent d’ores et déjà des prix en hausse (respectivement +0,8 % et +1,5 %). À Paris et en Île de France, les prix, bien qu’en légère baisse (repectivement -0,8 % et -0,9%), semblent en phase de stabilisation. À Lyon, la baisse reste plus franche : -1,5 %.
À Paris et à Lyon, les prix sont dorénavant 12 à 13 % sous leur point haut, respectivement atteint fin 2020 et courant 2022. Cette baisse peut paraître modeste. Pourtant, dans une période d’érosion monétaire, les évolutions de prix doivent être appréciées en euros constants (c’est à dire ajustés de l’inflation). En termes réels, la correction des prix est plus significative, atteignant désormais 23 % à Paris et 19 % à Lyon.
Premiers effets de la baisse des taux
Sans surprise, l’atterrissage des prix est concommitant des premiers signes de reprise du marché du crédit. Après être montés jusqu’à 4,20% fin 2023, les taux de crédit moyens ont reflué pour s’établir à 3,73% au 2ème trimestre 2024, permettant un léger rebond des volumes de crédit octroyés. Cette reprise intervient cependant à partir d’une base qui, en nombre de crédits, est la plus basse enregistrée depuis la crise de 2008-2009. Les crédits octroyés au 2ème trimestre restent plus de deux fois inférieurs en montants à ce qu’ils étaient avant la remontée des taux.

Source : Banque de France (volumes), Observatoire Crédit Logement (taux)
Quid du pouvoir d’achat immobilier ?
Pour les Français recourant au crédit pour financer l’acquisition d’un logement, le « vrai prix » n’est pas tant celui indiqué sur le compromis de vente que le niveau de la mensualité de crédit qu’ils devront honorer. Aussi mesurons-nous le pouvoir d’achat immobilier au travers de la part du revenu affectée au remboursement du crédit habitat à différentes époques, en fonction des prix, des taux et des salaires de chaque période.

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On observe que le recul des taux, associé à la correction des prix, a permis depuis le début de l’année de commencer à restaurer le pouvoir d’achat immobilier. À 31 % du revenu moyen, la part affectée au remboursement du crédit s’établit à un niveau que l’on peut juger raisonnable en perspective historique, sans pour autant retrouver les plus bas de la période 2017-2020, pendant laquelle les taux de crédit étaient inférieurs à 2 %.




