Bonjour,
La semaine a été marquée par la visite d’État de Donald Trump à Pékin, au cours de laquelle il a fait preuve d’une tempérance inhabituelle, se tenant au script préparé par ses conseillers.
Derrière le faste de l’accueil réservé au président américain, Xi Jinping s’est toutefois montré très assertif. En évoquant dans son propos introductif l’importance pour les deux pays d’éviter le « piège de Thucydide » – en référence à la théorie selon laquelle, lorsque la puissance dominante (Sparte) est sur le déclin, il est inévitable qu’elle ouvre un conflit avec la puissance émergente (Athènes) – il dépeint en creux le crépuscule du pouvoir américain. Sa mise en garde concernant Taïwan ne souffre par ailleurs aucune ambiguïté : « Cette question est la plus importante des relations sino-américaines. Si elle est maniée correctement, les relations bilatérales peuvent rester globalement stables ; si elle est mal gérée, les deux pays pourraient entrer en confrontation, ou même en conflit, entraînant la relation bilatérale vers une situation extrêmement dangereuse ».
Au-delà des éléments strictement rhétoriques, la rencontre n’a produit que peu de mesures concrètes. Tout au plus les deux pays se sont-ils entendus sur la création d’un Conseil du commerce ayant pour objectif une baisse progressive et réciproque des droits de douane sur certaines marchandises (non spécifiées à ce stade).
Concernant la situation dans le golfe Persique, un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères appelait, à l’issue de la rencontre, à la fin d’hostilités qui n’ont « aucune raison de se poursuivre » et à la réouverture dès que possible des corridors commerciaux. Si Donald Trump souligne qu’il s’agit là d’un objectif commun, il oublie opportunément que c’est bien la marine américaine qui arraisonne les navires faisant commerce avec l’Iran.
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Après deux mois et demi de conflit, les conséquences en chaîne des ruptures de flux logistiques apparaissent désormais clairement.
L’Inde figure parmi les pays les plus en difficulté, important 80 % de sa consommation d’hydrocarbures ainsi que des engrais essentiels à son agriculture. Dimanche dernier, Narendra Modi exhortait la population à limiter ses déplacements, à utiliser les transports en commun et à ne pas acheter d’or, afin de préserver des réserves de change qui ont fondu de 38 Md$ en deux mois. Alors que la roupie a déjà perdu 6 % face au dollar, une taxe de 15 % a été introduite cette semaine sur les importations de métaux précieux.
Les marchés des métaux industriels comptent également parmi les victimes collatérales de la fermeture du détroit d’Ormuz. La région assure près de 10 % de la production mondiale d’aluminium, et deux des principales fonderies sont à l’arrêt depuis des bombardements survenus fin mars. Le cours de l’aluminium – métal incontournable pour l’automobile, l’aéronautique ou encore l’électronique – est au plus haut depuis 2022. Les industriels s’inquiètent également de leurs approvisionnements en cuivre, dont la production nécessite des composés soufrés provenant pour 25 % des pays du golfe.
La guerre au Moyen-Orient nous mène tout droit vers une vaste crise de l'aluminium
GEO - 1er mai 2026
Des chiffres publiés mardi montrent l’inflation américaine à 3,8 % sur douze mois, son niveau le plus élevé depuis mai 2023. Vendredi, les marchés marquaient leur déception face à l’absence d’avancée dans les négociations de paix avec l’Iran, poussant le rendement des bons du Trésor américains à 10 ans à 4,60 %. La France n’échappe pas à cette vague de hausse des taux, les emprunts d’État à 10 ans clôturant la semaine à 3,97 %.
C’est dans ce contexte délicat que Kevin Warsh, dont la nomination à la tête de la Federal Reserve a été validée cette semaine par le Sénat américain, prendra prochainement ses fonctions. Dans un tel environnement, on imagine mal celui qui rappelait l’an dernier que « l’inflation résulte toujours d’un choix » (de la part de la banque centrale) satisfaire à court terme les espoirs de baisse des taux de Donald Trump. À ceux qui souhaitent mieux comprendre la pensée de ce banquier central volontiers à contre-courant, je recommande cette excellente interview tournée l’été dernier :
En France, l’Assemblée nationale et le Sénat se prononceront cette semaine sur la nomination d’Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de la présidence de la République, comme gouverneur de la Banque de France. LFI et le RN ont d’ores et déjà exprimé leur opposition. Pour mémoire, une majorité des trois cinquièmes est requise pour empêcher cette nomination.
Dans le procès en appel de l’affaire libyenne, le parquet général a requis cette semaine sept ans de prison ainsi que cinq ans d’inéligibilité à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Il s’agit à la fois d’une peine plus lourde que celle prononcée en première instance et d’une reprise à l’identique des réquisitions de l’époque. Les derniers jours du procès seront consacrés aux plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu fin novembre.
Enfin, vous retrouverez la synthèse de la semaine des marchés actions par Séverine Piot-Deval :
En vous souhaitant un excellent dimanche.








