• MoneySmart
  • Posts
  • Le secteur du logement dopé aux subventions ?

Le secteur du logement dopé aux subventions ?

Fact-checking

Fort de café.

Après la séquence des non-annonces autour du Conseil national de la refondation pour le logement et du Haut conseil de stabilité financière, j'entends de nombreuses voix expliquer que les acteurs de la filière logement vivent aux crochets de l'Etat depuis trop longtemps et ont contribué à un gonflement artificiel des prix de l'immobilier qui n'est plus supportable des Français. Laissons libre cours aux mécanismes de marché pour que les prix reviennent sur Terre !

J'applaudis à la noblesse de l'objectif : ramener les prix sur Terre. Si quelqu'un sait sur quels boutons appuyer, qu'il communique au plus vite la formule au locataire de l'Elysée !

Et cela me réchauffe le coeur de savoir qu'il y a encore, dans un pays qui a perdu le contrôle de sa dépense publique, quelques défenseurs des principes d’une économie de marché équilibrée. Je me sens moins seul.

Ces excellentes bases étant posées, je me contente de préciser quelques éléments de contexte et de compléter la réflexion.

1️⃣ Il n'y a pas de bulle spécifique à l'immobilier. La bulle est celle de tous les actifs, relativement à l'évolution des salaires. Elle s'explique par de trop longues années de planche à billets (2012-2021) et de déficits budgétaires incontrôlés (1975-?). Ceux qui donnent aujourd'hui des leçons d'orthodoxie monétaire alors qu'ils étaient aux manettes sur une partie de la période en cause sont des Tartuffes.

2️⃣ Le secteur du logement est une vache à lait fiscale. Sa contribution nette aux finances publiques est supérieure à 50 milliards d’euros, multipliée par 4 depuis 2008.

3️⃣ Le secteur du logement est hyper-réglementé, des normes de construction jusqu'aux critères d'octroi de crédit, en passant par le rôle des professionnels tout au long de la chaîne. Version Shadoks : "Tout ce qui n'est pas expressément autorisé est strictement interdit".

➡ Les choix de politique publique (yc monétaire) sont, avec les facteurs démographiques, les principaux déterminants dans la formation des prix de l'immobilier.

A l'opposé, la filière logement laissée aux forces du marché, ce serait :

✅ L'interdiction pour la puissance publique de perturber la formation des prix par des taux directeurs négatifs, programmes de rachats d'actifs ou déficits budgétaires structurels.


✅ Plus de Plan Local d’Urbanisme, de permis de construire, de Zéro Artificialisation Nette, de quotas de logements HLM, de loyers plafonnés, chacun pour soi.


✅ Plus de taux d'usure, de Haut Conseil de Stabilité Financière ni de monopole bancaire sur les crédits immobiliers : liberté pour tous de prêter à tous.


✅ Plus de Livret A qui siphonne les ressources du système bancaire.


✅ Plus de dispositif Pinel (déjà acté), plus de Prêt à Taux Zéro.


✅ Le logement reconnu comme bien de première nécessité (tellement évident quand on a 4,1 millions de mal-logés) : TVA sur le neuf réduite à 5,5%.


✅ Suppression des droits de mutation, cette taxe inique sur la mobilité géographique, sociale, familiale.

Chiche ? Nous verrons qui vit aux crochets de qui.

Ou est-ce à nos gouvernants de rendre des comptes sur l'évolution des prix de nos logements ?

Vous appréciez nos publications ?

Soutenez notre travail et accédez à des contenus exclusifs en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

Already a subscriber?Sign In.Not now