Bonjour,
Depuis la publication, mardi, des scores affligeants des élèves français au test PISA, tout semble bon, chez un certain nombre d’éditorialistes, pour ne pas affronter la réalité.
Le recul des savoirs serait, nous dit-on, un phénomène mondial imputable aux écrans, aux réseaux sociaux et aux disruptions éducatives pendant la période de pandémie.
C’est passer un peu vite sur le fait que depuis 2018, la France a perdu 37 points – soit l’équivalent de plus d’une année scolaire – en lecture comme en mathématiques, quand la moyenne des pays de l’OCDE dans ces deux mêmes matières ne reculait que de 27 points. C’est aussi occulter le fait que presque tous les pays asiatiques mais aussi l’Australie, l’Angleterre ou encore l’Estonie resistent au phénomène de baisse, et pour certains progressent (en particulier la Turquie).
La vérité fait mal à dire. Nous avons, en France, renoncé à toute forme d’exigence éducative. En passant de 29 % de bacheliers en 1985 à 80 % aujourd’hui par le levier de l’abaissement du niveau attendu, toutes matières confondues. En recrutant des professeurs parmi les moins bien payés en Europe, avec des seuils d’admission au CAPES ridiculement faibles. Et en cette rentrée, le Conseil scientifique de l’Éducation nationale nous offre encore une illustration de cette culture du renoncement, proposant de supprimer les règles d’accord du participe passé après le verbe avoir, dont elle juge le « coût cognitif » trop important pour les élèves. Il sera ainsi possible d’écrire « Je les ai vus », sans être pénalisé. Car se servir de son cerveau serait risquer de l’user, semble-t-il. La « fabrique du crétin » décrite par Jean-Paul Brighelli continue de tourner à plein régime.
Comme les marchés l’anticipaient, la Banque Centrale Européenne a annoncé un nouveau relèvement de 25 points de base de ses taux directeurs, pris à l’unanimité du Conseil des gouverneurs. Cette unanimité peut d’ailleurs surprendre, alors que l’inflation observée en zone euro est essentiellement importée (l’inflation hors énergie reste proche de la cible de 2 %). La Fed, quant à elle, se prononcera mercredi prochain.
La semaine a également vu une forte accélération de la hausse des taux longs. Vendredi, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans flirtait avec les 5 %. Les OAT françaises de même durée traitaient elles autour de 4,45 %, soit une hausse de 90 points de base depuis la fin du mois de mai. À terme, un tel niveau de taux, s’il se maintient, compliquerait singulièrement l’équation budgétaire française. 3.500 Md€ de dette existante x 90 points de base = 31,5 Md€ de surcoût annuel (une fois que les emprunts historiques ont tous été remplacés par de nouveaux, ce qui prend schématiquement environ 9 ans). Sans compter l’effet de second ordre sur l’accroissement prévisible du stock de dette.
Par ailleurs, il est inévitable que cette hausse de taux se répercute aux acteurs privés au travers, notamment, des taux pratiqués sur les crédits à l’habitat et sur les financements des investissements des entreprises.
Jeudi, un nouveau rebondissement est intervenu dans le conflit au Moyen Orient avec la prise de contrôle par les forces houthies au Yémen du port de Mokha et du détroit de Bab el-Mandeb ouvrant sur la Mer Rouge. Aussitôt, les rebelles annonçaient interdire le passage au trafic maritime saoudien. Donald Trump, à ce stade, ne semble pas envisager d’intervention militaire sur cette zone. En réaction, le cours du baril de pétrole est monté jusqu’à 104 $ avant de se replier vendredi autour de 100 $.
La chronique de Séverine Piot-Deval synthétisant la semaine des marchés financiers est de retour. Ne la manquez pas !
En vous souhaitant un agréable dimanche.
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