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Jacqueries

Bonjour,
Retour rapide au Vénezuela. Si la diaspora a largement célébré la chute de Maduro dans les rues de Miami, de Buenos Aires ou de Madrid, l’atmosphère à Caracas est à la retenue, Donald Trump semblant prêt à maintenir l’appareil d’État en place à titre transitoire. Bien que Delcy Rodríguez, présidente par intérim, ait donné de premiers gages de coopération en libérant une centaine de prisonniers politiques, le risque de guerre civile et/ou de putsch militaire reste réel, dans un pays où les milices chavistes se préparent depuis longtemps à des actions de résistance, et dont les zones frontalières avec la Colombie sont de facto sous la coupe des cartels.
Notons aussi que, si Donald Trump marque une rupture, ce n’est pas tant par son interventionnisme (cf. les opérations de ses prédécesseurs en Irak, en Afghanistan ou en Libye) que par ses modalités d’action :
aucune recherche de consensus international (ONU, OTAN)
des opérations militaires de haute intensité, très ciblées et assorties de menaces d’escalade
pas de présence au sol durable ni d’ambition de nation building.
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Autre ambiance en Iran. Alors que le régime est fragilisé par les revers subis par ses proxys à Gaza, au Liban et en Syrie, ce sont les commerçants qui ont initié un mouvement de protestation face à une inflation annuelle de plus de 50 % qui ravage le pouvoir d’achat. Le pays s’est embrasé au point que tous les moyens de télécommunication du pays sont coupés depuis vendredi, laissant craindre les pires actions de répression.
En l’absence de soutien de la Russie, engluée dans sa guerre contre l’Ukraine, il est tentant de penser que le régime des mollahs vit ses dernières heures. Sa chute serait un nouveau coup dur pour la Chine qui tirait des sanctions américaines un pétrole à prix cassé, en Iran comme au Vénezuela.
Alors que nous l’attendons à Taïwan, c’est sur les marchés des terres et des métaux précieux que la Chine réplique. Les restrictions de Pékin sur les exportations d’argent se traduisent d’ores et déjà par une envolée des cours, qui clôturent cette semaine à 80 $ l’once contre moins de 30 $ il y a un an. À plus de 4.500 $ l’once, l’or est également très recherché (à l’avantage de notre portefeuille de capitalisation).
En Europe, l’actualité est marquée par la ratification de l’accord de libre échange avec le Mercosur en dépit du rejet de la France, de l’Irlande, de l’Autriche, de la Hongrie et de la Pologne. Quelques éléments de lecture :
Si les chiffres avancés par la Commission européenne restent contestés, il est néanmoins raisonnable de penser que l’accord aura des retombées globalement positives sur le PIB européen pris dans son ensemble.
En Europe, les secteurs qui bénéficieront de débouchés d’exportation accrus sont d’abord l’automobile, la chimie et les machines-outils. Sur le plan géographique, l’Allemagne est la grande gagnante de cet accord.
Sur le plan agricole, l’accord devrait être favorable aux exportations de vins et fromages sous appellations d’origine – emportant le soutien de l’Espagne et du Portugal – au prix d’un surcroît de 1 à 2 % de concurrence sur la production de viande, de lait et de sucre.
Cet accord résulte de négociations engagées en 1999. Depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, Emmanuel Macron aura tenu tour à tour toutes les positions imaginables, au point d’en devenir totalement inaudible, tant sur le plan domestique (vis-à-vis de nos agriculteurs) qu’en termes de négociation au sein de l’Union Européenne. Le rejet de façade de l’accord par la France n’exonère pas le président de rendre compte de la faiblesse du fonds de compensation prévu pour l’agriculture (1 Md€ à l’échelle de l’UE vs 77 Md€ de PIB incrémental à l’horizon 2040, selon les estimations de la Commission européenne).
Au-delà des impacts économiques estimés, cet accord entérine, du point de vue de nos agriculteurs, une asymétrie inique : pour eux, les normes de production et traitements interdits, contrôlés sur site, et pour les concurrents du Mercosur, de simples normes sanitaires contrôlées par échantillonnage en douane.
Enfin, cet accord s’inscrit dans une tradition de puritanisme écologique européen, consistant à délocaliser nos productions polluantes le plus loin possible, en nous lavant les mains de leurs impacts en chaîne à l’échelle planétaire.
De retour en France, on s’étonnera que Sébastien Lecornu n’ait pas encore déposé de nouveau projet de loi de finances, alors que la loi spéciale votée en fin d’année emporte selon la constitution le gel des budgets d’investissement. Emmanuel Macron aurait demandé au Ministère de l’intérieur de se préparer à la tenue d’élections législatives anticipées dès le mois de février…
Les décideurs économiques doivent se préparer, nous semble-t-il, à une Assemblée nationale dans laquelle le RN et ses alliés disposeraient d’une majorité absolue (ou en seraient suffisamment proches pour engendrer de nouveaux ralliements). Emmanuel Macron terminerait ainsi son second mandat en cohabitation avec Jordan Bardella. Il ne s’agit pas là d’une profession de foi mais d’une lecture que je crois objective de la situation politique actuelle.
Séverine Piot-Deval est de retour ! Ne manquez pas sa chronique des marchés actions :
En vous souhaitant un bon dimanche.



