Poursuite du rebond des volumes de transactions et stabilisation des taux de crédit

Le marché de l’immobilier résidentiel français retrouve peu à peu son dynamisme. À fin septembre, les Notaires de France ont enregistré 921.000 transactions sur 12 mois glissants, soit une hausse de 11 % par rapport à la période précédente, et projettent désormais un chiffre de 929.000 transactions pour l’année calendaire 2025.

La symétrie entre taux d’intérêts et production de crédits à l’habitat continue de se vérifier. La stabilisation des taux moyens autour de 3,10 % depuis le mois d’avril (en mesure Banque de France) entraîne une pause dans la reprise des volumes d’octroi, à un niveau de 12 à 13 Md€ par mois. Ce chiffre représente à la fois un net rebond par rapport au point bas de 7 Md€ touché début 2024, tout en restant sensiblement inférieur à une moyenne de long terme que l’on peut estimer à 16-17 Md€ par mois, hors période de taux artificiellement bas. Ce déficit nous indique qu’au niveau de taux actuel, le phénomène des « menottes dorées » continue de freiner le retour sur le marché des acheteurs ayant obtenu les taux de crédit les plus bas (2017-2022).

L’élargissement des critères d’éligibilité des Prêts à Taux Zéro intervenu en avril, après huit années de restrictions, encourage un retour progressif des primo-accédants. 16.500 PTZ ont été accordés au 2ème trimestre 2025, selon le FGAS, soit plus du double du volume octroyé un an plus tôt. La part des primo-accédants dans la production de crédit regagne ainsi 3 points pour s’établir à 42 %.

Frémissement des prix

Les derniers indices de prix Notaires - INSEE publiés au titre du 3ème trimestre dessinent un début de hausse des prix des logements anciens : +0,7 % sur un an à l’échelle nationale.

Si ce phénomène paraît s’accélérer dans un certain nombre de grandes métropoles, il convient néanmoins de pondérer cette lecture du fait de l’incertitude liée aux variations saisonnières et à leur modélisation par l’INSEE.

Le logement neuf en grande difficulté

Pris entre des coûts de revient en hausse du fait d’une double inflation monétaire et normative, et des investisseurs locatifs jetant l’éponge face à une pression fiscale et réglementaire de plus en plus lourde, tous les chiffres du logement neuf sont en alerte rouge :

  • Seulement 16.240 réservations de logements neufs par des particuliers au 3ème trimestre, soit une baisse de 10 % sur un an et un plus bas historique.

  • 274.100 mises en chantier de nouveaux logements sur 12 mois glissants, logement social compris, soit un niveau 22 % inférieur à la moyenne des 5 dernières années qui ne permettra pas de répondre à la demande de logements, garantissant une aggravation de la pénurie de logements dans les deux à trois années qui viennent.

Le vote par l’Assemblée nationale, le 12 décembre, de la généralisation du plafonnement des loyers en zone tendue n’arrangera rien à cette équation.

Pouvoir d’achat immobilier : atterrissage entre deux eaux

Le pouvoir d’achat immobilier, mesuré en échelle inversée de la part du revenu affectée au rembourdement du crédit habitat, est désormais stabilisée à 28,6 %, soit un niveau intermédiaire entre le plateau observé de 2016 à 2020 (25 %) et le point de plus forte tension enregistré en 2023 (33 %). Il est à noter, toutefois, que cet indicateur ne tient pas compte des effets liés aux changements de critères d’éligibilité au prêt à taux zéro. Ainsi, un ménage nouvellement éligible suite à l’assouplissement intervenu au 1er avril bénéficiera d’un pouvoir d’achat proche de ses meilleurs niveaux sur 10 ans.

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Références

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