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Escalades

Bonjour,
Tous les moyens de télécommunication restent coupés en Iran mais il ne fait aucun doute que les manifestations y ont été réprimées dans le sang. On dénombre a minima 3.000 morts et jusqu’à 20.000 selon certaines ONG.
Après avoir initialement tenu des propos très menaçants, Donald Trump se serait rangé à l’avis des nations arabes avoisinantes et d’Israël, qui lui demandent de ne pas intervenir par crainte de représailles et d’embrasement généralisé. On ne peut toutefois exclure qu’il s’agisse d’une simple temporisation, une partie de la flotte militaire américaine étant en cours de repositionnement de la mer de Chine vers le golfe Persique.
L’or finit la semaine à près de 4.600 $ l’once.
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Hier soir, Donald Trump – toujours lui – s’est fendu d’un communiqué dans lequel il annonce rehausser les droits de douane sur les produits en provenance des pays scandinaves, de l’Allemagne, de la France, des Pays-Bas et du Royaume-Uni de 10 points à compter du 1er février, en rétorsion du refus de lui céder le Groenland. En l’absence d’accord, cette surcouche de droits de douane sera portée à 25 points au 1er juin.
L’Allemagne sera, de loin, le premier pays impacté par cette décision avec 160 Md€ d’exportations annuelles vers les États-Unis. Les exportations françaises, elles, se montent à 48 Md€ par an, tirées par l’aéronautique, les vins et spiritueux et les produits pharmaceutiques.
Les menaces d’annexion de Donald Trump constituent bien entendu une atteinte au droit international. Les enjeux de sécurité invoqués par la Maison Blanche ne sont guère plus qu’une feuille de vigne, un accord de 1951 avec le Danemark leur octroyant déjà le droit à une présence militaire quasi-illimitée sur la zone de Pituffik.
Mais, au Groenland comme ailleurs, le droit n’est rien sans la capacité à le faire respecter (“enforce”). Et ce n’est pas la classe de neige organisée cette semaine pour une trentaine de militaires de divers pays européens qui fera trembler Donald Trump.
Cette agression est une grenade à fragmentation :
dernier clou dans le cercueil de l’OTAN
bras d’honneur aux principes de l’Organisation Mondiale du Commerce, pourtant créée en 1947 sous leadership américain
véritable test des solidarités européennes entre des pays directement ciblés (Danemark, Allemagne, Royaume-Uni, France) et d’autres, à l’Est, dépendants d’un soutien militaire américain.
Pour autant, les aventures expansionnistes de Donald Trump sont un pari risqué sur le plan domestique. Selon un sondage réalisé par CNN, 75 % des Américains sont opposés à cette initiative. En outre, sauf menaces extraordinaires (“unusual and extraordinary threats”), la Constitution américaine n’autorise pas le POTUS à modifier les droits de douane sans l’accord du Congrès.
Dans un parfait contretemps, alors que la dépendance aux importations d’armes américaines devrait être un sujet stratégique prioritaire pour l’UE, le Parlement européen, encouragé en sous-main par la Commission, pousse un projet de contrôle renforcé des exportations d’armes visant avant tout la France, deuxième exportateur mondial derrière les États-Unis.
Retour en France. Alors que l’Assemblée nationale commençait tout juste l’examen du nouveau Projet de Loi de Finances 2026 déposé par le gouvernement en début de semaine, Sébastien Lecornu a subitement décidé de mettre fin aux débats, annonçant vendredi soir dans une intervention pour le moins cryptique qu’il engagerait la responsabilité de son gouvernement sur un nouveau texte dans les jours qui viennent (vraisemblablement par recours à l’article 49.3, les conditions permettant de promulguer un budget par ordonnances n’étant pas remplies).
La réaction instantanément conciliante de la direction du Parti Socialiste permet de penser que les concessions annoncées ont fait préalablement l’objet d’un accord de non-censure :
hausse de la prime d’activité (2 Md€)
généralisation des repas universitaires à 1 €
augmentation des moyens des bailleurs sociaux (400 M€)
augmentation des moyens du fonds vert (200 M€) et maintien de MaPrimeRénov’
indexation du barème de l’impôt sur le revenu
maintien des allègements de charges sur les bas salaires.
Impossible à ce stade de savoir ce que cet ultime projet contiendra en matière d’impôt sur la fortune “improductive”, de taxe sur les holdings ou encore de surtaxe sur l’impôt sur les sociétés des grandes entreprises. Une seule certitude : après trois mois de travaux stériles, toujours aucune initiative sérieuse de révision du périmètre ou des modalités d’intervention de l’État.
Si la censure des députés RN et LFI semble assurée, ce sont, mathématiquement, les députés LR qui tiennent dans leurs mains l’avenir de cette loi de finances et du gouvernement…
Vous retrouverez comme chaque dimanche la synthèse de la semaine des marchés actions par Séverine Piot-Deval :
En vous souhaitant une excellente semaine.




