Assises des finances publiques

Désendetter la France, disaient-ils...

Hier, 19 juin, le gouvernement annonçait en grande pompe, à l'occasion des Assises des finances publiques, un plan d'économies de 10 à 15 milliards d’euros par an.

3 heures et 34 minutes dans l'année auront été consacrées au sujet de la maîtrise de nos 1 500 milliards d’euros de dépenses publiques annuelles. De quoi se plaint le peuple ?

Mais trêve d'ironie, retenons un point positif parmi ces annonces : la mise en place d'une revue annuelle de chaque poste de dépense, sur recommandation de la Cour des comptes. A l'image de ce qui se fait dans les entreprises depuis la nuit des temps. Apprendre à marcher avant d'essayer de courir…

Pour ce qui est des 10 à 15 milliards d’euros d'économies annoncées, il s'agit d'un cocktail composé de :

  • Bascule de certains postes de dépenses vers le secteur privé (moindre prise en charge de l'absentéisme au travail au détriment des employeurs, augmentation du reste à charge sur les médicaments au détriment des mutuelles qui devront relever leurs tarifs).

  • Fin progressive des avantages fiscaux octroyés à certains professionnels sur les énergies fossiles (notamment dans le secteur des transports) : quand on sait que la TIPP représente 60% du prix à la pompe, le terme d'avantage prête à sourire.

  • Enfin, une comptabilité tronquée qui permet d'annoncer que la fin de l'incitation à l'investissement locatif (Pinel) et le rétrécissement du Prêt à Taux Zéro produiront 2 milliards d’euros d'économies, sans tenir compte aucunement des recettes générées par ces dispositifs en termes de TVA et de droits de mutation.

Au-delà de ces effets de manche, le numéro d’avril de la Situation mensuelle de l’Etat - publication de Bercy qui gagne à être connue - permet de prendre un peu de hauteur.

  • Sur les 4 premiers mois de l'année 2023, les dépenses du budget général de l'Etat sont en hausse de 7,8%, soit 10,7 milliards d’euros.

  • Les intérêts sur la dette publique sont déjà en hausse de 2,5 milliards d’euros, et avec la fin de l’argent gratuit de la Banque centrale européenne, ce n'est que le début.

  • Contrairement aux assertions de Bruno Le Maire, qui rappelle ad nauseam l'engagement présidentiel de ne pas augmenter les impôts, les recettes fiscales sont en hausse de 4,3%, soit 3,9 milliards d’euros sur 4 mois. C'est la magie de l'inflation : la TVA à elle seule rapporte 6,4 milliards d’euros de plus !

  • Le solde d'exécution (traduire déficit) passe de -70 milliards d’euros sur les 4 premiers mois 2022 à -84 milliards d’euros sur la même période 2023.

  • La dette que nous laissons aux générations futures s’alourdit ainsi chaque mois de 320 € par Français (au seul titre de l’Etat central, hors collectivités locales). Une paille…

Hausse des dépenses, hausse de la fiscalité, hausse de la dette publique. C’est un strike !

Sources et bibliographie

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