Bonjour,
Nous commencerons cette lettre par un tour d’horizon des élections qui se jouaient ces derniers jours dans le monde.
Au Brésil, Lula a défié les pronostics pour être réélu avec 51,8 % des suffrages alors qu’il accusait deux points de retard sur Flavio Bolsonaro à l’issue du premier tour. La régularité du scrutin est contestée par Bolsonaro, suite à la décision de dernière minute d’un juge de la Cour suprême, ancien avocat personnel de Lula, de repousser de deux heures la fermeture des bureaux de vote dans tout le pays, suite à des problèmes de transports et à la demande du camp Lula. Selon la Cour suprême, moins de 35 000 votes auraient été enregistrés après l’heure de fermeture initialement prévue, un chiffre qui ne saurait remettre en cause l’avance de 4,4 millions de votes en faveur de Lula.
En Israël, les élections législatives ne permettent pas de faire ressortir de groupe majoritaire. Le Likud de Benyamin Netanyahu et ses alliés d’extrême droite et ultra orthodoxes obtiennent 53 sièges sur 120. Le bloc d’opposition de Gadi Eisenkot – qui s’étend de la gauche à la droite laïque – en décroche 48, tandis que les listes de la minorité arabe font une percée historique avec 19 sièges. Il semble difficile pour Netanyahu de faire le grand écart entre l’ultra-droite de Ben-Gvir et des députés modérés décidés à le faire tomber. Eisenkot, quant à lui, ne pourrait construire une majorité qu’en s’appuyant sur les partis arabes, hypothèse qu’il avait explicitement exclue lors de sa campagne. Selon la loi israëlienne, le Président Herzog pourra donner à chacun d’entre eux, tour à tour, 28 jours pour tenter de trouver une majorité. En cas d’échec, de nouvelles élections législatives devront être organisées, Dans l’intervalle, Netanyahu reste Premier ministre à titre transitoire.
Aux États-Unis, les élections de mi-mandat se tiendront mardi. Le basculement de la Chambre des représentants en faveur du parti démocrate semble acquis. La vague démocrate pourrait en outre s’étendre au Sénat (72 % de probabilité selon Polymarket). Une majorité démocrate des deux chambres bloquerait l’agenda budgétaire et législatif de Donald Trump, ouvrirait des commissions d'enquête sur son administration et pourrait lancer une troisième procédure de destitution (vraisemblablement vouée à l'échec faute de majorité des deux tiers au Sénat). Le champ d’action du Président pour les deux années de mandat qu’il lui reste se réduirait à la politique étrangère (modulo les restrictions budgétaires qui pourraient lui être imposées en matière de défense), à l'immigration et aux questions réglementaires pouvant faire l’objet de décrets (executive orders).
À noter, enfin, dans ce contexte pré-électoral, la publication par Matthew Cole, journaliste d’investigation américain, d’un livre – Princes and Thieves: Jared Kushner and Mohamed bin Zayed's Secret Plot to Remake the Middle East – dans lequel il accuse le gendre de Donald Trump d’avoir touché plus de 2 Md$ en provenance d’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis, en rétribution de son influence sur la politique extérieure américaine de 2017 à 2021. Ces allégations n’ont pas été vérifiées indépendamment et Jared Kushner a publié un démenti menaçant l’auteur de poursuites en diffamation.
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L’Insee a publié vendredi des chiffres montrant un recul de 0,1 % du PIB français sur le 3e trimestre, faisant suite à une stagnation au 2e trimestre et une baisse de 0,2 % au 1er trimestre. La France est le seul pays de la zone Euro à afficher un PIB en recul en glissement annuel (3e trimestre 2026 vs 3e trimestre 2025).
Plus tôt dans la semaine, on apprenait qu’après une courte année de relâchement, la France retrouvait son statut de championne du monde des prélèvements obligatoires.
Et sans surprise, la France reste dernière, parmi 38 pays, de l’indice de compétitivité fiscale mesuré par la Tax Foundation.
Après le lamentable spectacle offert en Commission des finances, l’Assemblée nationale reprenait cette semaine l’examen du volet recettes du Projet de Loi de Finances 2027. Un hémicycle parfois quasiment vide a adopté des amendements pour le moins hétéroclites :
Introduction d’une taxe sur les flux de données internet (initiative PS). Censée rapporter 10 Md€ par an, elle renchérirait inévitablement les services que nous en tirons au quotidien.
Suppression de la surtaxe d’impôt sur les grandes entreprises (initiative commune Horizons, LR, UDR, RN).
Création d’une surtaxe de 5 % sur les « super-dividendes » (initiative PC).
Durcissement de la taxe sur les rachats d’action (initiatives LFI et RN).
Durcissement de l’exit tax (initiative PS)
Emprunt national de 50 Md€ à 3,50 % défiscalisé (initiative LIOT).
Assouplissement des conditions du PTZ familial (initiative LIOT).
Suppression de l’abaissement prévu par le gouvernement des avantages fiscaux du statut de Loueur Meublé Non-Professionnel (initiative RN).
Dans le même temps, la Commission des finances se penchait sur le volet dépenses du budget 2027, parvenant à ajouter 48 Md€ supplémentaires à l’augmentation de 41 Md€ proposée par Sébastien Lecornu. Les cigales de l’Assemblée chantent à toutes les saisons.
Toutefois, comme je l’ai répété tout au long des débats, l’utilisation de l’article 49.3 semble inévitable. Il ne restera sans doute peu de choses, et peut être rien, de ces amendements dans le texte final.
Enfin, ne manquez pas la chronique des marchés actions de Séverine Piot-Deval :
En vous souhaitant un bon dimanche.







