Reset stratégique

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Bonjour,

Sur les marchés, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe : vendredi, le groupe Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler) publiait un communiqué annonçant une provision exceptionnelle de 22 Md€ ainsi que la suspension de son dividende. Le cours de l’action chutait de 24 % à la clôture et a maintenant été divisé par 4 en deux ans.

Les charges exceptionnelles annoncées aujourd’hui reflètent en grande partie le coût d’avoir surestimé le rythme de la transition énergétique, ce qui nous a éloignés des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs.

Antonio Filosa, CEO de Stellantis

Ayant engagé sous Carlos Tavares un virage radical vers l’électrification de ses motorisations, le groupe se trouve maintenant doublement pris à contre-pied. Aux États-Unis, tout d’abord, où Donald Trump a soudainement coupé toutes les aides à l’achat de véhicules électriques ou hybrides un an après que Stellantis ait cessé la production de modèles thermiques emblématiques tels que la Jeep Cherokee. En Europe, ensuite, où Stellantis constate que la lenteur de l’adoption des modèles électriques par les consommateurs (en particulier en matière de véhicules utilitaires) ne permettra pas de tenir les objectifs fixés par l’UE pour 2035, nécessitant de provisionner de lourdes amendes.

Ce triste épisode illustre la difficulté, pour de grands groupes industriels, à composer avec l’aléa politique quand leurs concurrents chinois bénéficient, eux, d’un cadre clair, volontariste et stable (ce qui, bien entendu, ne constitue aucunement une apologie de ce régime de ma part).

Si l’on y ajoute la révolution de la voiture autonome, déjà visible dans les rues de San Francisco, Los Angeles ou Atlanta, il n’est pas impossible que nous assistions à la fin de l’industrie automobile française.

Il y a quelques jours, l’Insee publiait les derniers chiffres de l’inflation en France : 0,3 % sur les douze derniers mois. Au regard de l’actualité, ceux-ci m’inspirent les réflexions suivantes :

  • Au moment même où le ministère de la Vérité communique sur une baisse programmée de la dépense publique (ramenée à une hypothèse de croissance du PIB jamais tenue), ceux qui savent encore compter s’étonneront de lire, dès l’article liminaire de la loi de finances 2026, que la dépense publique augmentera de 37 Md€ – si tout va bien – ou 2,2 %, soit environ sept fois le rythme de l’inflation mesurée.

  • Sur les réseaux sociaux et les plateaux TV fleurissent maintenant des commentaires s’étonnant de ne pas observer de baisses de prix à la caisse alors que l’inflation diminue. Rien d’étonnant puisque, même en recul, une inflation positive indique toujours des prix en hausse. En physique, la décélération n’est pas la marche arrière. En mathématiques, la dérivée seconde (variation de l’inflation) n’est pas la dérivée première (inflation), qui n’est pas la fonction primitive (prix).

  • Ce contresens courant cache cependant un malaise plus profond. Les retraitements opérés par l’Insee visant à corriger l’inflation observée des effets du progrès technique – considérant par exemple qu’une fois prise en compte la progression de puissance du matériel informatique, il faut considérer qu’à qualité constante, leur prix a été divisé par cinq depuis l’an 2000 (!) – participent à créer un décalage persistant entre l’inflation affichée et l’inflation perçue, qui à son tour pollue le débat démocratique.

La dénatalité est une affaire sérieuse. Dans son bilan démographique 2025, l’Insee nous apprenait le mois dernier que, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, la France enregistrait désormais plus de décès que de naissances.

Qu’à cela ne tienne, nous apprenons cette semaine que le gouvernement adressera prochainement un courrier aux Français de 29 ans pour leur expliquer comment faire des enfants. Au lit, et que ça saute ! Une illustration chimiquement pure de la dérive de l’État : infantilisant ses citoyens, aspirant à tout réguler de la chambre à coucher jusqu’au lit de mort, tout en réduisant l’action politique à la communication. Théâtre de marionnettes.

Aux États-Unis, la publication de plus de 3 millions de pages de documents liés à l’affaire Epstein, consultables en deux clics plus une fonction de recherche, montre qu’au-delà de l’organisation d’un réseau pédophile, l’homme était un véritable trader d’influence économique et politique, bien au-delà de la sphère américaine. Mis en cause, Jack Lang a remis hier sa démission de la présidence de l’Institut du Monde Arabe tout en se défendant de tout acte répréhensible. Nous ne sommes assurément qu’aux premières éclaboussures de cette affaire.

Comme chaque dimanche, vous retrouverez l’actualité des marchés actions dans l’excellent télégramme de Séverine Piot-Deval :

En vous souhaitant une bonne semaine.

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