Bonjour,
Jour après jour, les lignes de la pensée française au sujet des retraites commencent à bouger. L’idée d’introduire une dose de retraite collective par capitalisation - que nous soutenons depuis longtemps - fait son chemin. La confusion dans les esprits entre capitalisation individuelle et capitalisation collective se dissipe peu à peu. L’association fallacieuse entre retraite par répartition et justice sociale est parfois même dénoncée.
Avoir laissé les Français croire qu'ils cotisaient leur vie professionnelle pour leur propre retraite, comme c'est le cas dans un système par capitalisation, relève du péché originel.
Pourtant, ne retenez pas votre souffle : aucune réforme sérieuse ne débouchera du conclave sur les retraites. La configuration politique de l’Assemblée Nationale rendait d’emblée l’exercice impossible. Mais la responsabilité en reviendra aussi à la Cour des comptes qui, dans son rapport publié jeudi, laisse croire que nos régimes sont proches de l’équilibre, faute de dénoncer les surcotisations et subventions par lesquelles l’État masque l’ampleur des dégâts : 81 Md€ en 2024 selon Fondapol.
Pendant ce temps, le groupe écologiste a mis à profit la faible assuidité des députés du bloc central pour voter la taxe dite Zucman, qui instaurerait un impôt plancher de 2 % par an sur les plus gros patrimoines (1.800 personnes touchées). Mes réactions :
Un tel impôt contraindrait les dernières familles françaises détentrices de grandes entreprises à céder chaque année des parts sur le marché afin de pouvoir s’acquitter de l’impôt. On pleurnichera ensuite sur la perte de souveraineté résultant de la montée au capital d’investisseurs étrangers.
Compte tenu de la mobilité des patrimoines visés, l’efficacité d’un tel impôt, s’il n’est pas coordonné à l’échelle internationale, serait très faible.
Lorsqu’on détient déjà le record de l’OCDE (autant dire du monde) des prélèvements obligatoires, il serait de bon ton que nos députés se préoccupent du fonctionnement de l’État plutôt que de jouer à longueur d’année au concours du nouvel impôt.
Ce projet sera immanquablement rejeté par le Sénat.
Donald Trump, lui, ne connait pas le temps perdu. La façon dont il mène les négociations avec Vladimir Poutine laisse néanmoins songeur.
Écarter Volodymyr Zelensky et l’Union Européenne de ces discussions vaut reconnaissance que les États-Unis menaient une guerre par procuration (proxy war). Au-delà du plaisir que Donald Trump peut trouver à salir l’administration démocrate, cette posture place d’emblée la Russie en situation de force dans la négociation.
Tout aussi étonnant, le fait de donner satisfaction à la Russie sur ses exigences clés, dès les premières heures de négociation, sans rien obtenir en retour. Si Trump a un talent, c’est pourtant l’art du deal. Quelles contreparties a-t-il obtenues qui ne puissent être montrées ?
Sa tentative de monnayer la protection de ce qu’il restera de l’Ukraine contre 50 % de ses ressources minières est odieuse. Il ne peut pas ignorer qu’elle braquera Zelensky et toute l’Union Européenne. Quel est l’objectif réel d’une telle manœuvre ? Les mauvaises paix sont les guerres de demain...
En tout état de cause, la France doit prendre acte de la fin de l’ordre mondial tel que nous le connaissions depuis 1945 et reconfigurer rapidement son appareil militaire - conçu pour la projection sur une sphère d’influence qui n’existe plus - en mode résolument défensif.
J’étais cette semaine l’invité de deux “directs” que vous pourrez réécouter si le cœur vous en dit.
Mercredi, pour les Conférences qui Pensent, je partageais mes anticipations en matière de taux de crédit. Au risque de vous décevoir, ce n’est pas une science exacte.
Et vendredi, sur RTL pour parler de l’accès des séniors au crédit.
Vous êtes plusieurs à m’avoir interpellé sur la décision de Générali Patrimoine de durcir les conditions de sortie des fonds d’actifs privés au sein de ses assurances-vie et Plans d’Épargne Retraite. Ma réponse en mode SMS :
Ne s’applique qu’aux nouveaux contrats. Aucun impact pour les contrats pré-existants.
Parfaitement logique compte tenu de l’illiquidité des actifs sous-jacents. Investir en private equity pour demander à en sortir 6 mois plus tard n’a aucun sens. Bien au contraire, le fait de donner l’illusion de la liquidité est fondamentalement dangereux, pour la compagnie d’assurance comme pour l’investisseur privé.
Le mécanisme mis en place par Générali relève de la liberté commerciale et contractuelle, sans rapport avec le dispositif de crise prévu par la loi dite Sapin 2, qui permet au Haut Conseil de Stabilité Financière, dans des situations exceptionnelles, de limiter les sorties d’assurance-vie pendant 3 mois, renouvelable une fois (soit 6 mois consécutifs).
Non, il n’y aucune raison de penser que Générali est en difficulté. Il s’agit d’une mesure de bon sens qui pourrait inspirer d’autres compagnies dans les mois qui viennent.
En mode télégraphique toujours, Séverine Piot-Deval nous relate une semaine chahutée pour les marchés actions :
Qu’à cela ne tienne, nos portefeuilles modèles continuent de progresser :
6,5 % d’appréciation pour notre portefeuille de capitalisation constitué il y a 9 semaines
3,4 % pour notre portefeuille de rendement constitué il y a 4 semaines
100% (9/9) des lignes d’investissement en plus-values latentes
une volatilité bien inférieure à celle du marché.
Vous pouvez également retrouver notre analyse des (très bons) résultats publiés mercredi par Covivio, une foncière cotée qui figure en bonne place dans notre portefeuille de rendement.
En vous souhaitant un agréable dimanche.
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