Bonjour,
La semaine a été riche en actualité politique, économique et financière.
Nous avons tout d’abord un nouveau Premier ministre en la personne de François Bayrou. La stratégie qui semble être celle du Président de la République, visant à constituer un pacte de non censure allant des LR au PS, nous semble éminemment précaire. Nous anticipons que ce gouvernement sera, plus encore que celui qui l’a précédé, paralysé dans ses possibilités d’action et continuons de tabler sur une nouvelle dissolution d’ici à fin 2025.
Sans surprise, l’agence Moody’s a dégradé vendredi la note souveraine de la France, soulignant une fragmentation politique qui rend improbable tout effort de redressement des finances publiques. Difficile de contester ce raisonnement.
Jeudi, la Banque Centrale Européenne a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base. Quelques jours plus tôt, Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG, rapportait dans une interview que la BCE était vraisemblablement intervenue, au travers du réinvestissement des obligations arrivant à échéance au sein de son programme d’urgence (PEPP), pour contenir la hausse du spread des emprunts d’État français. Bien que nous n’ayons pu corroborer cette information, un tel scénario semble plausible au vu du mouvement de détente observé depuis le 3 décembre. En France, la petite musique de l’argent magique commence à se faire entendre, appelant la BCE à relancer ses programmes de rachat d’actifs interrompus en 2022, voire même à effacer les créances qu’elle détient encore. Ah, le doux son d’une planche à billets tournant à plein régime !
Ce ne sont là que les prémices des tensions qui entoureront les choix de politique monétaire de la BCE dans les mois à venir. Au sortir d’une violente résurgence d’inflation qui devrait rappeler à tous le prix des largesses monétaires, il nous paraît peu probable que les pays d’Europe du Nord, Allemagne en tête, ou même les pays du Sud ayant redressé leurs finances publiques (Grèce, Portugal, Espagne), acceptent sans sourciller le retour du quantitative easing ou autres politiques “non conventionnelles”.
J’étais récemment l’invité du podcast de Thibaut Trézières. C’est un format détendu dans lequel nous faisons un tour d’horizon des sujets de compétitivité de l’économie française ainsi qu’un peu de politique-fiction (l’enregistrement pré-date la censure du gouvernement Barnier).
Plusieurs articles sont en préparation pour la fin de l’année :
en début de semaine, un panorama de l’épargne européenne tiré de ma récente intervention dans le cadre du programme HEC Executive Education.
une proposition d’allocation d’actifs pour l’année 2025
un nouveau point sur l’évolution du marché immobilier.
Enfin, fidèle au poste, Séverine Piot-Deval synthétise la semaine des marchés actions.
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En vous souhaitant un excellent dimanche.



