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Bonjour,

La montagne accoucherait d’une souris. C’est en substance ce que je vous annonçais dimanche dernier au sujet de la question du financement de l’effort de réarmement.

Jeudi, Eric Lombard annonçait en grande pompe un investissement de 1,7 Md€ de la Caisse des Dépôts et de sa filiale BPI France devant entraîner des investissements privés complémentaires pour renforcer les fonds propres de nos entreprises de défense de 5 Md€. Gageons qu’à l’abri des micros, le ministre s’est assuré que les circuits de financement bancaire fonctionneraient sans accrocs (impliquant dans certains cas de corriger des politiques RSE à la dérive).

Les sujets qui fâchent auront été évités :

  • Près de la moitié des capitaux remontés par les banques à la Caisse des Dépôts au titre des livrets réglementés (197 Md€ à fin 2023) qui s’amoncèlent dans un portefeuille de titres plutôt que d’être affectés à des mandats stratégiques.

  • Toujours aucune proposition d’économies de dépense publique pour compenser l’accroissement du budget de la défense, sujet disjoint de celui des besoins de capitaux des industriels privés. Emmanuel Macron excluant toute augmentation d’impôt, nous continuerons donc de creuser une dette publique déjà abyssale. Cela nous assure un tranfert de l’impôt dans le futur (équivalence ricardienne) ou, si le problème est suffisamment bien réparti au sein de la zone euro, sa résolution par la planche à billets de la BCE (garantissant l’inflation de la valeur des actifs si ce n’est des prix à la consommation, forme moderne de l’équivalence ricardienne). Sauf bien sûr à envisager que la France fasse défaut sur sa dette (ce ne serait jamais que la 10ème fois depuis la création du Trésor Public par Phillipe Auguste).

Mais soyons rassurés, chacun recevra bientôt un manuel de survie d’une vingtaine de pages financé sur les deniers publics. Le risque de faillite de notre État nounou y sera-t-il abordé ?

Ajoutons enfin que cet épisode aura donné lieu sur les réseaux sociaux à d’innombrables commentaires quant à l’argent des épargnants qui dormirait sur des comptes bancaires. Il suffit pourtant de se plonger dans le bilan d’une banque pour comprendre que toute épargne est toujours mise au travail…

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Le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, a signifié qu’il financerait lui aussi l’effort de réarmement par recours à la dette. Les émissions de Bund feront donc concurrence à l’OAT vis-à-vis des mêmes investisseurs institutionnels, pour une quantité de capitaux disponibles non-extensible. Le taux de l’OAT 10 ans s’est immédiatement tendu (3,55 % à la clôture ce vendredi).

S’il est encore possible aux particuliers d’emprunter en dessous de 3 % (meilleurs profils), j’exprimais sur le plateau de BFM TV l’inévitabilité de la transmission de cette hausse des taux au marché du crédit à l’habitat.

J’évoque souvent ici la fragmentation du monde, clé de lecture indispensable des mouvements tectoniques auxquels nous assistons depuis 2015-2016. Olivier Klein conceptualise cette bascule géo-politico-économique avec une clarté chirurgicale. Son exposé pour l’Opinion est une masterclass !

L’or au sommet, symptôme de la fragmentation du monde, titrions-nous il y a un an, alors que son cours atteignait 2.360 $. En début de semaine, celui-ci franchissait la barre symbolique des 3.000 $ l’once, donnant lieu à toutes sortes d’éditoriaux sensationnalistes. Mais il s’agirait de savoir si nous commentons la valeur de l’or ou celle des monnaies-papiers dans lesquelles nous l’exprimons.

Les marchés actions reprennent leur souffle. Pour tout comprendre, ne manquez pas le télégramme de Séverine Piot-Deval.

En dépit de la correction des marchés actions, nos portefeuilles modèles sont en progression de 3,4% (portefeuille de capitalisation constitué il y a 3 mois) ou 3,9 % (portefeuille de rendement constitué il y a 2 mois).

En vous souhaitant un agréable dimanche.

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